Interview

(Interview) Elisa, 37 ans, en Ontario


elisa_int-polaElisa vit dans sa petite cabane canadienne non loin de Toronto. Si vous voulez un vrai rêve à la canadienne et des rêves plein la tête, c’est par ici 🙂

Présente-toi un petit peu. Quelle est ta tranche d’âge, que fais-tu dans la vie, es-tu toute seule au Canada, sous quel visa es-tu et surtout pourquoi Toronto ?

Coucou, moi  c’est Elisa, j’ai 37 ans. Je suis plutôt connue sous le nom de Madame Canadoux. Je suis française et je vis depuis 3 ans au Canada avec mon petit mari Mr Canadoux. Tous les 2 nous vivons dans une maison en bois à 1 h de Toronto.
Nous sommes arrivés il y a 3 ans avec un permis de travail et nous sommes maintenant résidents permanents. Nous travaillons tous les 2 dans la même boite. Une grosse boite internationale de transport logistique.

Pourquoi Toronto ? Et bien tout simplement parce que je travaille dans une boite internationale de logistique et que ma boite avait un poste dispo au siège à Mississauga (banlieue de Toronto). J’ai fait des pieds et des mains pour venir au Canada et cela n’a pas été simple mais au final  je suis plutôt contente d’avoir atterri en Ontario car je m’y plais énormément.

Plutôt posée ou aventurière ? Est-ce ta première expérience hors de France ?

Je suis une aventurière réfléchie. Je pèse longuement le pour et le contre et une fois que je sais ce que je veux, je vais le chercher sans peur. Le Canada est ma première expérience hors de la France et surement la dernière car je m’y plais beaucoup et je ne compte pas bouger d’ici de sitôt.
Depuis combien de temps vis-tu au Canada, penses-tu y rester encore longtemps ?

On est arrivés en Fev 2008 donc cela fait 3 ans et demi. Je me vois totalement rester au Canada pour toujours. D’ailleurs  je pense demander la citoyenneté canadienne l’année prochaine. Je me sens chez moi ici maintenant et j’adhère totalement à la mentalité et à la façon de vivre.

Décris-nous ton installation. As-tu rencontré des difficultés particulières ?

Franchement, je n’ai rencontré aucune difficulté majeure mais je me sens privilégiée car je suis arrivée ici grâce à mon entreprise. Beaucoup de choses ont été prises en charge comme la paperasse du visa ou  le déménagement. Ah si, il y a quand même un truc que j’ai trouvé hallucinant. Nous avons pu acheter une maison dès notre arrivée mais nous n’avons pas pu acheter de voiture. La raison est que nous n’avions pas de credit history. Pour la maison cela ne posait pas de problème car une maison ça ne bouge pas et que la banque peut toujours la revendre si on ne paye pas le crédit mais une voiture, c’était trop compliqué. Heureusement, ma société a accepté de faire un leasing à son nom et  de nous débiter chaque mois pour les mensualités. J’ai eu aussi un peu de mal a comprendre le système de Debit card et credit card et  tout le tralala avec le Credit History. Pfff ca c’était chaud.

Et ta recherche d’emploi ? Comment ça s’est passé ? Est-ce que tu travailles dans ton domaine ? Si oui, dis nous combien de temps cela t’a pris et comment se sont passé tes entretiens.

La aussi, je suis privilégiée puisque je n’ai pas eu à chercher du travail. Je travaille toujours dans mon domaine mais mon poste est moins important que celui que j’avais en France. Pour vous donner un exemple en France, je m’occupais de 7 pays et ici je m’occupe uniquement du Canada (moins d’utilisateurs et moins de bureaux à gérer).  Je le savais en postulant et cela a été un choix. J’ai mis dans la balance d’un côté mon rêve de Canada et de l’autre ma carrière.  J’ai choisi de rêver !
Cela dit je m’éclate quand même dans mon travail ici et je ne regrette rien. Quand j’étais en France, mon travail était ma priorité numéro un. Je n’avais de temps pour rien d’autre. Depuis que je suis arrivée, j’ai découvert qu’il y a une vie à coté du travail et que cela en vaut vraiment la peine.

On dit que partir c’est mourir un peu chaque jour mais que mourir c’est partir beaucoup ! Qu’en penses-tu ?

Ben pour moi c’est l’inverse. Je dirai plutôt que ma vie a commencé quand je suis partie de France et que je suis arrivée au Canada. Na !

Quelle est finalement la principale difficulté que tu rencontres au Canada ?

L’alcool est trop cher ici  !!!  Vous devriez voir mon budget picole. Houlala, ça fait peur.

Au contraire, qu’est ce qui a changé d’un point de vue positif depuis que tu ne vis plus en France ?

Les activités extérieures et la nature. Il y a tant à faire et à découvrir.
As-tu des amis canadiens ? On dit que c’est tellement difficile de s’en faire…
Je ne crois pas que ce soit plus difficile de se faire des amis canadiens qu’autre chose. C’est pareil avec tous les expats. Cela prend du temps de se faire des amis dans un pays où la langue est différente .
Au départ, nous nous sommes fait des connaissances grâce à notre travail. Les collègues qu’on invite à manger etc. Et puis de fil en aiguille, on a rencontré aussi des Canadiens. Il faut dire que j’ai une arme secrète. Mr Canadoux cuisine plutôt  bien et adore faire plaisir à ses hôtes. Il suffit d’inviter les amis à diner et hop, tout le monde est accro à sa cuisine.

As-tu une anecdote ou un souvenir qui t’a marqué à nous faire partager ?

Un des plus beau souvenir de cette année fut notre balade en chien de traineaux.
Je n’oublierai pas cette sensation de liberté et ce moment de pur bonheur. Le silence du traineau qui glisse sur la neige, les étendues blanches à perte de vue et le ciel bleu pour nous accompagner.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite venir tenter l’aventure ?

Si vous êtes français, je dirai qu’il est sans doute plus facile d’immigrer au Québec qu’en Ontario dans un premier temps. (Plus facile de trouver un travail,  de se loger…) . Pour nous c’était un peu particulier car nous venions avec un contrat de travail  mais en  Ontario, il faut être vraiment bilingue pour décrocher un bon poste et la concurrence est plus importante.
Et si j’avais un deuxième conseil à donner et bien je dirai que  chacun est maitre de son destin et que les choses n’arrivent pas toute seule. Il faut travailler à réaliser ses rêves. Nous y avons travaillé et nous y travaillons chaque jour. La baguette magique n’existe pas. Le génie qui réalise les rêves est à l’intérieur de nous.

Et alors le Canada, c’est vraiment l’eldorado ?

Pour moi ouiiiiii !!  Sans hésitation !

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19 Commentaires

  • Répondre Alain 4 mars 2012 at 8:31

    Aaaaaahhh… Quand j’ai vu que Mme Canadoux était interviewée, j’ai de suite su que je lirais une interview positive et une réponse enthousiaste à ta dernière question 😉 Loved it!

  • Répondre Thierry 4 mars 2012 at 9:12

    La différence entre un(e) expatrié(e) et un(e) immigrant(e)… 😉

  • Répondre Lisa 4 mars 2012 at 11:17

    @Thierry: Exactement ! C’est la réflexion que je me suis faite après toutes les interviews. (Elisa étant la dernière) Bien que Raphaëlle (expat aussi) n’a pas le même avis 😉

    Mais il est vrai que d’habitude les expatriés n’ont pas à se plaindre par rapport aux immigrés !

  • Répondre C. 4 mars 2012 at 2:30

    @ Elisa,

    Ton interview respire le bonheur! Ça fait plaisir à lire. Bonne continuation.

  • Répondre [email protected] 4 mars 2012 at 4:27

    Merci pour ce témoignage 🙂

  • Répondre Lisa 4 mars 2012 at 4:36

    @Alain: C’est un débat sans fin comme d’habitude mais je trouve que le travail est LE nerf de la guerre qui te permet de t’en sortir dans tous les cas. Le reste c’est assez accessoire de mon point de vue finalement vu qu’avec un travail, tu as de l’argent et tu peux donc t’en sortir sans trop de difficultés.

    Par contre quand tu galères à trouver un boulot et que tes économies fondent comme neige au soleil ben… C’est une autre histoire !

    C’est pour ça que j’évite de comparer un expat et un immigré. Ca n’a à mon sens rien à voir.

  • Répondre Alain 4 mars 2012 at 3:41

    @Thierry:
    Et pourtant le pays est bien le même, avec un statut légal qui ne diffère pas non plus, sauf erreur de ma part. Du coup, les difficultés qui noircissent le tableau des immigrés sont la recherche d’emploi, si j’ai bien compris.

  • Répondre Thierry 4 mars 2012 at 4:24

    Ah bah tout est lié… Quand tu es expatrié, tu arrives avec un boulot, le déménagement organisé (et souvent payé), parfois une aide pour le logement, etc. Il me semble que ce sont d’énormes soucis en moins… Forcément, l’adaptation est beaucoup plus facile.
    Un immigrant – comme je le suis – repart à zéro. Zéro. Sans l’aide de personne. C’est très nettement différent.

  • Répondre Alain 4 mars 2012 at 4:31

    @Thierry:
    Pour avoir vécu l’expatriation, c’est sûr qu’avoir un boulot sur place est un confort non négligeable. Pour le reste, aucune différence, on repart de zéro également. Culture, permis de conduire, connaissances, tout est à refaire. Il ne faut pas croire que tous les expats arrivent avec un tapis rouge, des petits fours et une voiture de fonction, hein 😉

  • Répondre Thierry 4 mars 2012 at 4:35

    Non mais nous sommes d’accord. Mais le boulot est le nerf de la guerre… En avoir un en arrivant change tout, c’est incontestable. Après, je ne dis pas non plus que tout est rose pour un expatrié, mais c’est beaucoup plus facile. 😉

  • Répondre C. 4 mars 2012 at 9:16

    Parfois, la galère des débuts laisse des séquelles et comme un goût amer dans la bouche. Je le ressens sur les forums, même pour ceux qui réussissent après quelques années.

    Pour moi aussi, le travail est essentiel car c’est le premier lien avec la société et le premier pas vers l’intégration et la reconnaissance. On se fait également souvent des amis sur son lieu de travail.

    L’amertume passe au fil du temps … en tout cas pour moi.

  • Répondre Fred 5 mars 2012 at 1:50

    Au-delà du débat sans fin entre expats et immigrants, je retiens aussi de cette interview que le bonheur est dans le pré, pas en ville. Personnellement, j’essaie de convaincre ma femme que le Canada vaut vraiment d’être vécu si on s’éloigne de Toronto et qu’on commence à profiter des grands espaces canadiens, surtout si le boulot le permet. Si c’est pour s’entasser dans des condos et se laisser étouffer par la ville, autant rentrer en Europe ! Cette interview me conforte donc dans mon opinion…En ce qui me concerne, c’est ce qui déterminera la durée de notre passage ici : si on arrive à s’installer dans une maison avec du terrain d’ici 3-4 ans, pourquoi ne pas rester ici jusqu’aux vieux jours ? Mais si c’est pour rester en appartement, je ne pense pas que nous resterons très longtemps.

    En tout cas, ça fait du bien de lire des expériences positives et réussies, on se sent moins seul 😉

  • Répondre Lisa 5 mars 2012 at 2:50

    @Fred: Ahhhh oui je suis entièrement d’accord !!! Toronto c’est New-York ou Paris 🙁

    Aussi j’ai remarqué à Toronto que les gens s’éloignent de la ville quand ils font leurs enfants et reviennent au bout de 25 ans et achètent un condo. (Maison devenue trop grande, trop calme etc.)
    On a des copains installés en pleine campagne dans une vraie maison en bois canadienne et c’est super relaxant ! Maintenant je ne suis pas faite pour les extrêmes :/ (Genre toute seule dans ma maison sans personne à côté) J’aime mieux les compromis… 🙂

    @Alain je crois qu’il y a débat parce que beaucoup de résidents permanents ne s’en sortent pas au Canada ou en Australie où la politique d’immigration permet à des gens de venir s’installer sans travail. Du coup la réalité est très rude et ne saurait être comparée à la vie d’un expat 😉

  • Répondre Alain 5 mars 2012 at 2:06

    @Fred: Tout à fait d’accord, et c’est probablement grâce à cet état d’esprit que j’ai réussi mon expérience en Amérique. Ah oui, et parce que j’étais expat aussi 🙂 Non je plaisante, ce débat là ne m’intéresse pas, d’ailleurs je ne comprends même pas pourquoi il y a débat, alors…

  • Répondre Alain 5 mars 2012 at 3:19

    @Lisa: L’Australie aussi ? Bon sang, je savais pas ça. Concernant la rudesse des débuts, mon imagination me laisse penser qu’on devrait en tirer beaucoup de fierté, une solide carapace et beaucoup de maturité plutôt qu’en conserver un goût amer, mais bon chaque individu est différent et aspire à des choses différentes aussi. En tous cas, partir comme ça à l’aventure à l’étranger, ça me tente de plus en plus 🙂

  • Répondre raphaelle 6 mars 2012 at 11:54

    Je suis toujours ravie de voir le bonheur des autres et de le lire…

    Tout à fait d’accord avec la différence entre immigrés et expatriés… une chance et on le sait !!! OUI on a plein d avantages (déménagement payé, bon salaire, école privée payée si on le souhaite et si on arrive à convaincre la boite pour nos enfants, billets d avion payés pour nous une fois par an pour rentrer en France, mutuelles ou assurances privées pendant la période de carence ici au Canada, voiture, participation au loyer etc…) et j ai envie de dire HEUREUSEMENT !!! on ne choisit pas, nous, notre destination, on nous y envoie !!! on a des contrats assez courts, et quand on a des enfants puis des ados, HEUREUSEMENT qu on a une compensation !!! il manquerait plus qu on crève la dalle en représentant une boite française à l étranger ? puis quoi encore ??? Mon mec passe 12 heures au boulot, a du sacrifier pas mal de choses pour se pouvoir bosser ici, avec une mentalité à 360 degrés de la sienne et rapporter du fric à la boite qui en demande toujours plus et OUI, il n a pas droit de se plaindre… ah ah ah… les gens veulent tout sans sacrifice et en faisant 35 heures par semaine…
    alors on peut être vu comme des enfants gâtes, je le conçois facilement franchement… ma famille pense que je me la coule douce autour d une piscine ou à faire du shopping avec mes copines expats mais c est pas ça la vraie vie… on a les mêmes contraintes que les autres… mais qui le croira ???

  • Répondre Peggy 6 mars 2012 at 4:21

    Bravo pour l’interview !
    Du coup je suis allée voir le blog d’Elisa et vraiment il respire le bonheur et la bonne humeur !! Magnifique votre maison… ça donne presque envie d’habiter à la campagne 😉
    Bon, je suis une vraie citadine, mais franchement quitte à être à une heure de Toronto, autant éviter ces villes banlieues avec les maisons en rang d’oignon (je pense toujours aux maisons à côté de Wonderland) et être tranquille dans la vraie maison de campagne !!
    Sinon, pour les autres commentaires, je suis d’accord que le job c’est le nerf de la guerre, et je tire mon chapeau aux couples qui débarquent sans job et cherchent sur place.

  • Répondre Jean-Francois 8 mars 2012 at 1:02

    Bon, un commentaire positif sur toute la ligne à peu près sauf pour l’alcool! Pareil, le nerf de la guerre est bien le boulot car c’est une sacré différence d’arriver avec une promesse d’emploi ou un contrat en main qu’arriver avec quedal. C’est à cette étape que plein de gens coulent et repartent car ils n’arrivent pas à trouver de travail ou le travail n’est pas à la hauteur de ce qu’ils espéraient.

    Moi aussi, je suis un citadin endurci et je suis comme un poisson dans l’eau quand je me promène dans la ville qui pue, le bruit des sirènes, le vroum-vroum de l’air conditionné, prendre le métro, etc. Vivre en campagne pour moi…seulement pour des vacances mais on voit qu’Elisa se sent bien dans sa cabane en bois en tout cas.

  • Répondre sandrine Duplessy 11 mars 2012 at 6:56

    Comme Élisa je pense que le bonheur se cultive au quotidien et pour nous qui avons immigré ici en région au Québec , nous avons rencontré les même difficultés que beaucoup rencontrent, voir même plus au niveau de l’emploi puisque en région c’est encore plus difficile ! Et ne trouvant pas d’emplois dans notre domaine d’activité, et bien nous les avons créé et à ce jour nous ne regrettons pas notre choix !

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