Vie pratique

S’adapter et s’intégrer au Canada, facile ?


Avec 300 000 nouveaux immigrants par an au Canada (Rien que ça !), s’adapter et s’intégrer en tant que petit nouveau n’est pas chose facile.

Je suis tombée sur un article de RCI qui explique les 4 étapes clés par lesquelles tous les immigrants passent : (L’article a été écrit l’an dernier, donc ne m’en voulez pas, il n’est pas hyper récent…)

integration-adaptation-canada
L’étape numéro 1 qui consiste à être enthousiasmé et fasciné par le Canada arrive à mon avis dans 90% des cas. On part tous avec des rêves plein la tête : les grands espaces, les gentils Canadiens (ahaha), la cabane en bois, les orignals, les grands lacs… Et il y a beaucoup de vrai là-dedans. Les nouveaux arrivants trouvent aussi leurs villes d’arrivée absolument géniales. J’ai vu des exceptions à la règle avec des gens qui n’aimaient pas la ville de Toronto ou de Montréal par exemple car finalement trop terne et trop américaine (!). Excusez du peu… Aller au Canada pour retrouver l’Europe et son architecture c’est comme aller au Mcdo et s’attendre à un menu 4 étoiles…

L’étape numéro 2 est difficile à quantifier puisque les Français qui immigrent se plaignent (bizarrement) très rarement de leur pays d’accueil. Trop fiers certainement. Impossible parfois de leur arracher la moindre parole négative à l’égard de leur nouveau pays. Ce sont d’ailleurs ces mêmes Français qui se plaignaient en permanence de la France, de son mauvais temps (c’est bien connu, le Canada a un climat m.a.g.n.i.f.i.q.u.e), de son métro/boulot/dodo (bien connu aussi y a pas de métro dans les grandes villes où TOUS les Français vont au Canada et ils sont pas BLINDES aux heures de pointe) et des impôts. (Encore une fois, c’est bien connu, le Canada est un pays où l’on fait des affaires en or et où on ne paye presque pas d’impôts) Oui alors d’accord on paye un peu moins d’impôts mais vous avez vu la qualité des services aussi ?! Nan mais les médecins de famille et les urgences !!! Et je ne parle pas du montant du chômage ou de la retraite.

Mais je vous rassure, il y a aussi beaucoup de Français qui sont honnêtes (parce que tous les RP ne trouvent pas un travail de dingue dès qu’ils posent le pied sur le sol canadien) et lucides et ne s’apparentent pas à de vulgaires bisounours. Bon je suis contente, on en voit de moins en moins sur les forums ! C’est déjà ça de pris.

J’ai reçu beaucoup d’emails ces 3 dernières années venant d’immigrants extrêmement qualifiés qui n’arrivaient pas à trouver un travail au Canada. C’était la première fois de leur vie qu’ils ne trouvaient rien pendant des mois et devaient bien souvent accepter des jobs sous qualifiés. C’est malheureusement bien souvent le problème ici.

La déception est donc souvent de mise après une arrivée tonitruante.

L’étape numéro 3 est de mon point de vue la période où « ça passe ou ça casse ». On réalise très rapidement si 1) On va pouvoir vivre à l’étranger et 2) Si le Canada est fait pour nous.
L’adaptation est effectivement graduelle. On finit par trouver un premier job intéressant et on comprend surtout comment le pays fonctionne.

La durée est très variable, ça peut prendre 12 mois comme 2 ans voire beaucoup plus. Tout dépend le nombre d’années que vous souhaitez consacrer au Canada. Beaucoup de Français rentrent en effet durant la première année (M’embêtez pas avec les chiffres, j’en ai pas cette fois-ci je me base sur mon expérience !!) ou à la fin de leur visa de travail (3 ans). Genre moi, mais bon on est RP.

Et puis il y a ceux qui s’accrochent, achètent une maison, font des enfants. Beaucoup finissent par rentrer après avoir eu leur premier enfant parce qu’il n’est pas facile d’être loin de la famille dans ces grands moments.

Vient l’étape numéro 4, celle où on se sent chez soi. Beaucoup prennent même la nationalité canadienne. Attention, à ne pas confondre avec ceux qui la prennent juste « au cas où » et quittent le Canada juste après l’avoir obtenu. Non je parle des gens qui sont vraiment investis et veulent porter les couleurs canadiennes.
Je les admire. J’aimerais bien avoir vraiment envie de m’installer dans un pays sur du long terme.

Et vous, vous en êtes où ? Vous êtes d’accord avec ces étapes ?

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12 Commentaires

  • Répondre [email protected] 17 mars 2014 at 2:26

    Hello la Parisienne !

    Je pense me situer à l’étape 3,5 !

    Est ce possible ? 🙂

  • Répondre Lisa 17 mars 2014 at 3:29

    @[email protected]: Je pense que oui mais il faut voir dans 1 an si tu penses toujours la même chose 🙂 J’ai remarqué qu’on était toujours très (trop) positif les premiers mois et plus réaliste les suivants 😉

    Pour ma part, je pense avoir été bloquée à l’étape 3 🙂

  • Répondre [email protected] 17 mars 2014 at 4:16

    Merci Lisa !

    Vivement ton prochain post sur ta nouvelle vie française 🙂

  • Répondre Lisa 17 mars 2014 at 4:33

    @[email protected]: Ah ah, je ne sais pas si tu veux vraiment savoir 😉 Je t’invite à lire certains de mes posts sur notre forum préféré 😉

  • Répondre Mathilde 17 mars 2014 at 1:42

    Pour moi, je dirais entre l’étape 3 et 4. On a eu notre RP après deux ans et demi au Canada. Cet été ça fera trois ans et on se sent bien ici, enfin pour le moment car on ne sait pas de quoi sera fait demain, on aura peut-être envie de rentrer dans deux ou trois ans ! Merci pour tes articles 🙂

  • Répondre Gaou 17 mars 2014 at 4:01

    Sympa ton article..on avait eu une présentation des 4 phases quand j’étais à la fac à Montréal. Perso, j’ai eu la phase 2 de suite en arrivant à TO ça met dans l’ambiance LOL et elle s’ est accentuée quand j’ai trouvé du travail. Puis c’est passé. Un peu comme si Toronto ce n’était pas pour moi. C’est très étrange parce que tout se passe bien. Je travaille dans mon domaine et tout, j’aime beaucoup la ville mais je n ‘arrive pas à m’y projeter à très long terme. Je suis pas là depuis longtemps mais je dirais que je suis dans la phase 3. On s’ est donné 2/3ans. On verra bien. Par contre la phase tout est génial, je ne me souviens pas l’avoir eu.. Après je suis de nature râleuse donc bon… 🙂

  • Répondre Lisa 17 mars 2014 at 4:07

    @Gaou: C’est vrai que Toronto n’est pas hyper folichon de prime abord et je vois tout à fait ce que tu veux dire… Moi non plus je ne me suis jamais vue à Toronto (Canada ?) et je m’étais donnée 3 ans…

  • Répondre Gaou 17 mars 2014 at 4:22

    Avec un enfant c’est encore plus évident je trouve. On se dit de suite j’ai envie d’élever mes enfants ici…ou pas! Après pour moi, le retour au pays c’est exclu le mari ne se voit pas vivre au Togo ou au Sénégal MDR 🙂 ! On verra bien dans 2/3ans de toute façon

  • Répondre Lisa 17 mars 2014 at 4:23

    @Gaou: Oui il peut se passer bp de choses ! Regarde je suis de nouveau à Paris !!! (Arggg)

  • Répondre Gaou 17 mars 2014 at 4:38

    Bah si c’est Paris ce sera Paris. Je ne me fais pas d’illusions si on doit retourner en France un jour, le boulot c’est à Paris hein. On est de Bordeaux à la base mais y a pas grand chose dans mon domaine. En revanche pour l’Afrique c’est sur on ira pas y vivre, j’ai déjà essayé de le convaincre sa decision est sans appel 🙂 🙂 J’ai hâte de lire tes articles sur le retour en France 🙂

  • Répondre Bonenza 25 mars 2014 at 7:54

    Je suis dans la phase 3 et avec un enfant né ici.
    De notre coté, on se dit qu’on rentre dans 2 ans (ça fait 3 ans qu’on vit sur Montréal).
    Cette période nous permet de nous donner une date butoir et de se bouger le c** pour faire tout ce qu’on n’a pas eu le temps de faire. On aura aussi obtenue la citoyenneté au cas ou ;).

    De plus, comme les formations, certifications sont plus simples d’accès ici, on va passer les certifications possibles dans nos domaines respectifs, voire changer de travail pour améliorer nos champs de compétences, tout ça dans l’optique d’avoir un bon cv, qui se revendra mieux une fois retournée en France.

    J’ai remarqué que le passage de la phase 3 à la phase 4, dépend énormément du rapport de la personne à la famille et/ou si la personne est arrivée seule et s’est mis par la suite en couple avec un(e) québécois(e).
    Si les rapports à la famille ne sont pas terribles, bien souvent la personne n’aura ainsi dire pas grand chose à perdre à rester ici, bien au contraire elle y gagne en qualité de vie.
    Ceux qui sont mis en couple en arrivant ici avec un(e) québécois(e) ont trouvé une structure familiale de “remplacement”, donc des interactions avec des gens d’ici. C’est souvent ce qui manque aux expatriés, qu’importe le Pays. On aura tendance à dire qu’il est difficile de se faire des amis autochtones.

    Il y a ceux aussi à qui le Canada a donné une opportunité de reprendre les études, et/ou de commencer une bonne carrière. La France étant pas mal élitiste, ils ont peur de ne pas être pris au sérieux en rentrant.

    J’en connais aussi qui auraient beaucoup à perdre au niveau salaire en rentrant, c’est donc un frein énorme pour rentrer.

    Bref, je me suis rendu compte qu’hormis les schémas cités plus haut, chaque expérience est unique et qu’il est vain de critiquer les choix des autres.

  • Répondre Jean-Francois 26 mars 2014 at 8:13

    Il y a trois ans, j’avais parlé avec une fille du consulat qui m’avait dit que dans les années 60/70/80, la moyenne d’installation au Canada des français était de 15 ans et plus. La plupart de ceux qui ont émigré dans ces années sont encore ici à part des exceptions.

    Depuis les années 2000, la moyenne d’installation au Canada des français est tombé avec une moyenne de 5 ans. Ce qui est assez drastique comme changement. Ces retours en France ou ailleurs en Europe ou bien dans in autre nouveau pays dépendent des expériences des gens et de ce qu’ils ont voulu chercher au Canada.

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