Vie pratique

[Guide] Acheter une maison au Canada

Voilà, il est temps de vous annoncer que nous avons acheté une belle maison en février dernier et que la recherche nous a pris moins de… 2 semaines ! Je vous livre ici toutes les démarches pour acheter une maison au Canada 🙂 Vos retours sont évidemment bienvenus ! Je pense que c’est plus ou moins pareil dans chaque province mais bon, il y a sûrement quelques différences !

  1. Vérifier combien vous pouvez emprunter à la banque
  2. Trouver un agent immobilier ou realtor (en anglais)
  3. Chercher une maison
  4. Négociations, achat et Home Inspection
  5. Signature du prêt à la banque
  6. Signature des papiers chez l’avocat
  7. Remise des clés

1. Vérifiez combien vous pouvez emprunter à la banque

Avant d’acheter votre maison au Canada ou n’importe quel bien d’ailleurs, il faut absolument vérifier combien la banque peut et va vous accorder. Vous pouvez vous lancer dans la recherche de maison avec votre agent immobilier sans avoir fait de vérification au préalable mais ce sera bien souvent une perte de temps puisque :

  1. Vous ne savez pas combien la banque va vous prêter
  2. Lorsque vous ferez une offre, l’agent des vendeurs demandera immédiatement à votre agent si vous êtes approuvés. Le risque si vous ne l’êtes pas : ne pas être pris au sérieux par les vendeurs, ou bien trouver un accord avec eux mais ne pas parvenir à boucler votre financement à temps et perdre la maison. Aussi, un autre acheteur aura sûrement déjà une offre valide à proposer et l’acheteur aura tout intérêt à choisir son offre plutôt que la vôtre

Le maitre mot pour obtenir le meilleur taux est donc de « magasiner » comme diraient les Québécois. Soit aller voir toutes les banques jusqu’à trouver le meilleur taux. Sachez que vous pouvez faire la même chose avec un broker par téléphone qui se chargera de trouver la meilleure offre pour vous en consultant lui-même les banques.

Il ne faut d’ailleurs pas hésiter à demander à ses amis et collègues quels taux ils ont eu.

Attention, il y a une différence entre la « pre qualification » et le « pre approval ». Ni l’un ni l’autre ne vont vous garantir un prêt.
Une « pre qualification » est plutôt verbale mais ne se base pas sur des faits. En gros, un banquier ou un broker  va vous dire que basé sur ce que vous lui avez dit, tel montant devrait vous être accordé.
Un « pre approval » oblige l’acheteur à se mouiller un peu plus en signant des papiers, la banque va alors faire un credit check et vous demander quelques papiers (preuves que vous travaillez, fiches de paye etc.). Le résultat est donc extrêmement fiable, et donne une très grande chance de pouvoir boucler son financement en 5 jours ouvrés comme cela se fait dans la plupart des transactions.

Show Me The Money!

Attention, aberration numéro 1, plus vous demandez d’estimations et plus votre credit score baisse. On appelle ça une « hard inquiry ». Votre score baissera légèrement et il est très difficile de savoir de combien de points ! Même la banque ne sera pas capable de vous le dire puisqu’ils ne gèrent pas du tout ça…

Il n’est d’ailleurs pas possible de savoir combien la banque va vous accorder à l’avance car tout est basé sur votre credit score (et aussi votre salaire quand même) ! Vous pouvez donc avoir de très hauts revenus mais un credit score très moyen et la banque vous accordera donc moins que prévu.
Dans notre cas, toutes les économies que nous avions ont été considérées comme étant notre « down payment » , soit l’apport de fonds personnels. Ce montant est fixé à 5% du montant total de votre achat. Idéalement, il faut amener 20 % sur la table pour vous éviter d’avoir à payer une assurance en plus de votre prêt qui s’élève quand même à 3 % du montant total du prêt. De l’argent que vous ne reverrez bien évidemment jamais.

Attention, le montant de votre « pre approval » peut être assez déconcertant pour des Français car il est souvent bien plus élevé que ce que vous voulez mettre dans votre achat ! N’oubliez pas que les Canadiens son endettés à 162 %. Ceci explique… cela. Les banques ne prennent en compte qu’un petit nombre de vos dépenses mensuelles quand elles vous approuvent pour un montant maximal, il est donc rarement sage d’acheter pour le maximum que vous avez été pré approuvés sous peine de vous retrouver avec des mensualités astronomiques. La banque nous a proposé 25 % de plus que le maximum que nous voulions dépenser !

Sachez qu’il est tout à fait possible de tout faire par email. La banque vous enverra alors votre taux d’intérêt (sur 5 ans en général) avec la durée totale du prêt. (Habituellement 25 ans mais les grandes banques pourront souvent vous proposer 30 ans afin de vous aider si vous etes un peu juste) Vous recevrez ensuite un papier que vous devrez signer pour indiquer que vous avez choisi de « travailler » avec eux. Vos mensualités seront alors indiquées, basées sur le montant maximum proposé par la banque.

2. Trouver un agent immobilier ou realtor (en anglais)

Il y a plusieurs façons de trouver un agent immobilier.

  • Vous pouvez demander à votre entourage
  • Vous pouvez le trouver sur Internet
  • La réponse D

Nous sommes passés par Marine Akel, agent immobilier française, installée à Calgary depuis 5 ans et qui connaît bien les goûts des Français. Elle va également droit au but sans vous pousser à la vente. (Une spécificité un peu canadienne on va dire) –> UPDATE : Elle ne semble plus en activité depuis l’été 2015.

Votre agent immobilier doit tout d’abord vous rencontrer une première fois idéalement afin de vous « qualifier » : vérifier que vous avez un « pre approval » en place, cerner ce que vous recherchez et créer votre portail de recherche sur MLS (realtor.ca est l’interface clients du système MLS, votre agent ayant accès au « back end » également pour travailler sur vos rechercher). Il est fort possible que votre idée initiale s’affine au fil du temps. On a tous une idée assez précise de la maison idéale, qui n’existe évidemment pas.

Vous recevrez ensuite automatiquement des listes de maisons correspondant à vos critères, listes que vous pourrez consulter au sein de votre portail internet personnalisé pour vous par votre agent. Vous pouvez dès lors effectuer vos sélections, et demander à votre agent de faire toute modification nécessaire à votre recherche. Vous aurez accès à toutes les maisons rentrant dans vos critères. C’est à partir de ce moment là que vous pourrez également affiner votre recherche.

Notez que si vous décidez de travailler avec un agent immobilier, il est obligatoire en Alberta depuis le 1er juillet 2014 de signer un contrat appelé buyer’s brokerage agreement dont il existe une version exclusive et une autre non-exclusive, la plupart des agents travaillant avec la version exclusive il vous demandera de signer un contrat d’exclusivité. Un peu logique !

Il est également à noter que le site realtor.ca fourni par votre agent immobilier vous fournit beaucoup plus d’infos que le site de base/ Vous pourrez par exemple voir depuis combien de jours la maison est sur le marché.

  • Si elle est en ligne depuis des mois, il est possible qu’il y ait un problème (mise à prix bien trop chère ou problème couteux à remédier par exemple)
  • Si elle est en ligne depuis très peu de temps, il est possible que plusieurs personnes soient déjà intéressées cela menant à une situation d’offres concurrentes, qui tire alors le prix souvent au-delà du prix initialement demandé.



3. Chercher une maison

La recherche de maison n’a ensuite rien de sorcier. Il suffit de regarder tous les jours le site et vous verrez apparaitre toutes les nouvelles maisons rentrant dans vos critères. Ne reste plus qu’à les sélectionner et demander à votre agent d’organiser des visites.

Vous pouvez logiquement visiter jusqu’à 7-8 maisons par jour en une apres-midi ! (Calgary étant une ville s’étendant sur pas mal de km, rejoindre différents quartiers peut parfois prendre 45 min !) Nous en avons visité 12 sur 2 WE mais il semble que le nombre moyen de maisons visitées par les Canadiens avant un achat soit d’environ 6. Il me semble bien que celle que nous avons choisie était la numéro 9 ou 10.

Il est à noter que nous avions d’abord un peu « flashé » sur une autre maison située dans un quartier non loin de celui où nous avons actuellement acheté. Nous l’avons visité de jour un samedi puis avons décidé de revenir la voir un lundi soir. Et là, mauvaise surprise, on entendait la route depuis la maison ! Même avec les fenêtres fermées, il y avait du bruit ! Alors que le we, nous n’entendions évidemment rien puisque la circulation est moindre ! Comme quoi, il faut toujours visiter deux fois pour vous assurer qu’il n’y aura pas de mauvaises surprises !

Non ça c'est Wisteria Lane ! Mouhahaha

Non, ça c’est Wisteria Lane ! Mouhahaha

4. Négociations, achat et Home Inspection

Quand une maison vous plait, il est temps de faire une offre. C’est votre agent qui se chargera de vérifier plusieurs choses sur la maison (titre de propriété, paiement en règle des taxes de propriété, historique…) avant de vous aider à choisir un prix adéquat. Certaines maisons ont l’air en bon état mais en regardant son historique de plus près, quelques anomalies peuvent apparaitre… C’est notamment le cas des « grow op » qui sont des maisons ayant servi à faire pousser de la marijuana. (Ces maisons sont généralement vendues à un prix très inférieur au marché et peuvent rester sur le marché plus d’un an avant de trouver preneur et pour cause !) Elles sont parfois réhabilitées avant la vente mais mieux vaut se méfier car les dégâts sont souvent invisibles et aucune étude n’a jamais prouvé qu’une ancienne grow op même réhabilitée par des professionnels n’avait pas d’impact sur la santé de ses occupants… les moisissures et autres substances dégagées pendant la pousse des plant de marijuana pénètrent dans tous les matériaux de la maison…

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© Gendarmerie royale du Canada

Si aucun signe alarmant n’est repéré, l’agent immobilier vous fournira une analyse de marché appelée CMA (Comparative Market Analysis) des maisons du même quartier qui ont été vendues récemment. Cela vous aidera à affiner votre offre.

Techniquement, vous pouvez faire n’importe quelle offre et votre agent se doit légalement de présenter l’offre que vous lui demandez de rédiger. C’est la raison pour laquelle certains s’amusent à faire des offres très en dessous de ce qui est demandé (style 100 K de moins !). Evidemment, peu de chances de trouver un terrain d’entente, mais sait-on jamais avec le marché actuel ! (Marché qui à Calgary n’est tombé jusqu’ici que de 2%, rappelons-le quand même !)

Idéalement, il faut arriver à tomber d’accord assez rapidement. Typiquement, une fois une négociation engagée, on arrive à une conclusion fructueuse ou non à la fin de la journée. Les acheteurs proposent en général 10/15 K de moins que ce qui est demandé. Cela permet de démarrer la négociation plus sereinement avec le vendeur. Dépendamment du vendeur, l’offre peut être acceptée telle quelle plus ou moins vite ou refusée immédiatement si l’offre est bien trop basse, mettant, a priori, fin aux négociations. (Ca a quand même peu de chances d’arriver à 15K près) Vous pouvez également recevoir une contre offre. Bien garder en tête que bien qu’appelée communément contre-offre, il s’agit bien d’un rejet de votre offre initial, et d’une nouvelle offre proposée par le vendeur. Ce vendeur a donc toute liberté de négocier en parallèle avec d’autres acheteurs.

L’idée est évidemment de ne pas agacer le vendeur avec un prix à côté de la plaque.

En général, on recommande de ne pas négocier plus de 3 fois le prix. (Nous avons fait 4 « allers – retours » et le vendeur a dit ok) Vous faites une offre, le vendeur fait une contre-offre etc.

N’oubliez pas non plus de négocier la date de possession de la maison. Elle peut se faire sous deux semaine ou jusqu’à 4 mois en théorie. Nous avons demandé 3 mois puisque nous étions bloqués dans notre location avec un bail de 1 an.

Ne reste plus qu’à signer tous les papiers quand les deux partis se sont accordés sur le prix final. (Avec Marine, nous avons signé tous les papiers en ligne. Les documents vous sont envoyés par email et vous serez redirigés vers un site web spécial où vous pourrez signer au moyen d’un écran tactile ou avec une souris.)

Avec l’offre finale ou dans les 2 jours suivants généralement, vous devrez remettre à votre agent le chèque de « deposit » qui sera retenu en trust par l’une des 2 compagnies immobilières le temps que vous obteniez votre financement et fassiez votre home inspection.

L’Home Inspection permet de vérifier qu’il n’y a pas de soucis majeurs avec votre maison en gros. Parfois, il y a des choses qu’on ne voit pas et pourtant… Si vous passez par une boite sérieuse, on vous remettra un énorme dossier qui indique point par point tout ce qu’il faut vérifier et ou refaire/ améliorer. Ca vous donner également un bon aperçu de la durée de vie de votre toit etc. (en général on se donne 5 jours ouvrés pour faire ces 2 étapes, d’où l’importance d’avoir un pre approval en place). Ce chèque, d’un montant compris entre 10 et 20K en général, sera encaissé immédiatement, et vous sera rendu si vous n’obtenez pas votre prêt, ou que la home inspection révèle un problème significatif que vous n’êtes pas prêt à assumer. Une fois que vous avez rempli vos conditions de banque et d’inspection, vous pouvez toujours annuler votre achat mais le chèque de dépot sera perdu.

5. Signature du prêt à la banque

La banque devrait vous appeler quelques semaines plus tard (sauf si vous avez demandé à ce que la possession soit sous 2 semaines, auquel cas la banque vous appellera beaucoup plus rapidement) pour venir signer les papiers.

Rien de bien compliqué encore une fois, il suffit de lire et de signer ! Votre prêt (appelé mortgage) démarre le premier mois de la possession. Vous pouvez choisir à quelle date et surtout les modalités. Vous pouvez être prélevé toutes les semaines, 2 semaines ou tous les mois en gros. Si vous payez toutes les deux semaines, cela fait donc plus de versements par an et donc un gain de temps au niveau du prêt. (Nous avons économisé 2 ans grâce à ça !)

La banque vous proposera d’ajouter automatiquement les taxes d’habitation dans votre prêt. Ce qui est plus simple et vous permet de ne pas débourser un gros montant d’un coup. Le montant dépend des quartiers évidemment mais n’espérez pas vous en tirer à moins de 2000 $ par an 🙂

6. Signature des papiers chez l’avocat

Avant d’aller signer tous les papiers, sachez qu’il faut que vous ayez une assurance habitation en place pour votre maison. Cette dernière est environ 4 fois plus chère (voire plus !) qu’une assurance en tant que locataire. N’hésitez donc pas à « magasiner » de nouveau pour trouver le meilleur taux !
C’est lors de ce rendez-vous que vous devrez amener à l’avocat le chèque certifié de votre downpayment qui devra également couvrir les «closing costs» ou frais de clôtures (entre 1000 et 2000 $ habituellement).
La signature chez l’avocat ne prend pas plus de 15 min. Il y a juste une dizaine de papiers à signer et voilà c’est bon ! On vous précise quand même que si d’ici la date de remise des clés, vous êtes écrasé par un bus ou vous perdez votre boulot, la transaction sera annulée. A priori ça arrive très rarement hein…

L’avocat du vendeur va également faire parvenir ses papiers à votre avocat et voilà le tour est joué. Vous aurez les clés vers midi le jour de la possession. Appelée « Possession Day » ou « Closing Day ».

7. Remise des clés

Eh bien voilà, nous y sommes ! C’est la fameuse remise des clés avec votre agent immobilier. Si votre agent est prudent, vous aurez déjà effectué une visite de pré possession 24h avant la remise des clés. Si ce n’est pas le cas, votre agent immobilier préviendra immédiatement l’avocat qui organisera une retenue partielle sur vos fonds (downpayment que vous lui avez remis par chèque certifié lors de votre rdv de signature et prêt pour lequel il a la lettre d’instruction de paiement de votre banque) jusqu’à ce que le vendeur ait remédié au problème identifié il faut immédiatement prévenir l’avocat.

J’espère que ce guide vous aura été utile ! N’hésitez pas à le partager et à nous raconter comment s’est passé l’achat de votre maison. Et un grand merci à Marine qui a relu et amélioré l’article ! Donc normalement, je pense que nous n’avons rien oublié !

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26 Commentaires

  • Répondre K@rine 10 mai 2015 at 7:28

    Très intéressant et très complet … à un détail près : je te contacte via FB :-p

    Et FÉLICITATIONS pour cette acquisition et ce nouveau pas dans votre immigration déjà bien implantée

  • Répondre Didier 10 mai 2015 at 11:26

    Bravo et merci Lisa pour ce super article ! je le ressortirai lorsque je commencerai un projet immobilier, pas d’actualité encore.

    De manière général, je suis effaré par le taux de surendettement des ménages canadiens .

    • Répondre Lisa 10 mai 2015 at 11:27

      Merci Didier ! Oui c’est terrible et en hausse chaque année !

  • Répondre Paul 10 mai 2015 at 5:33

    Article très intéressant !
    Comme je te disais, il y a quelques différences notables avec l’achat d’une maison à Toronto :
    – le marché l’offre étant inférieur à la demande, le prix des maisons se négocient à la hausse (c’est des enchères quoi)
    – pour les mêmes raisons, une maison restera très rarement plus d’une semaine sur le marché, il faut sauvent par l’impasse sur la Home Inspection et se contenter de celle réalisée par le vendeur
    – de manière générale, toute négociation avec le vendeur est compliquée, au risque de se faire évincer par un autre acheteur moins « pointilleux »

    Voilà sinon légalement, il ne semble y avoir aucune différence legale entre l’Alberta et l’Ontario.

    • Répondre Paul 10 mai 2015 at 5:36

      il faut sauvent par l’impasse = il faut souvent faire l’impasse

    • Répondre Lisa 10 mai 2015 at 10:56

      Merci Paul ! Il parait qu’à Calgary, il y a avait aussi des enchères en 2008. En 2015, avec la crise du pétrole, tu peux réussir à faire une bonne affaire et il n’y a pas forcément d’autre acheteurs sur le coup, ce qui est super avantageux !!

  • Répondre Niklasky 11 mai 2015 at 1:25

    Salut,

    On a eu quasiment la même expérience en Ontario il y a 3 ans (déjà…), a quelques petits détails près.

    Avant tout, j’ai surtout eu la sensation qu’ici, on achète une maison comme on achète une bagnole. Quand tu es sur un marché brûlant, comme l’a été et est toujours le marché immobilier a Toronto, il faut agir vite.

    Rares sont les belles maisons, affichées au bon prix et sans gros défauts qui restent sur le marché plus d’une semaine.

    On a visité une quinzaine de maisons sur 2 week-end, et on a flashé sur une dans la matinée d’un samedi. Après avoir vu plein de maison qui déchiraient la rétine de l’extérieur, mais étaient très décevantes a l’intérieur (agencement bizarre, finitions pourries, travaux a faire, design intérieur merdique) nous avons enfin trouvé notre bonheur (et au prix max qu’on voulait mettre).

    Déjà il faut savoir qu’ici, quand tu prévoies de visiter une maison, ton realtor prévient a l’avance de l’heure ou vous allez visiter et les propriétaires vont se balader pour vous laisser visiter tranquillement. C’est bien car ça permet de visiter en parlant et commentant librement les choses entre nous.

    Ensuite, une fois que tu décides de faire une offre, s’engage une sorte de course contre la montre pour que ton offre soit acceptée plutôt qu’une autre.

    Tu fais donc une offre un peu plus bas que le prix demandé et sur l’offre officielle que tu fais, tu demandes une réponse le soir même avant minuit. Ça peut couper l’herbe sous le pied d’un concurrent, car le vendeur est obligé de répondre a ton offre rapidement et si c’est une bonne offre, il va fortement hésiter a te dire non a moins d’être sur d’avoir d’autres offres équivalentes ou supérieures.

    Un « tiens » vaut mieux que deux « tu l’auras » s’applique bien ici.

    Ensuite, tout se négocie. Le prix d’achat bien sure, mais aussi la date de closing ET le montant du deposit ! Ici le montant du deposit n’est pas versé sur un compte séquestre mais directement a l’acheteur (après le délai de rétractation d’une semaine après acceptation de l’offre).

    J’ai pas trop compris l’intérêt de donner autant d’argent en deposit. Je voulais donner 10k$, ils voulaient 20k$… Je demande a mon realtor pourquoi ils veulent autant, vu que ça ne change rien au montant d’achat final, il me répond que c’est pour etre certains qu’on est des acheteurs sérieux et qu’on ne va pas changer d’avis et annuler la vente. Je lui ai répondu que 10k$ était largement assez dissuasif, mais bon… Finalement on s’est mis d’accord sur 15k$.

    Ensuite, pareil pour la date de closing, on voulait le 3 Juillet, et juste histoire d’avoir le dernier mot dans la négo, ils ont insisté pour que le closing soit le 29 Juin…

    Bref…

    Ensuite, l’expérience avec l’avocate fut excellent. Ils travaillent extrêmement rapidement pour toutes les démarches, le transfert de titre, etc. Ils savent tout faire en 2 semaines. Et le prix est très raisonnable. L’avocate nous a coûté 900$ tout compris.

    Les frais de transfert de titres et taxes se montent a 1.5% du montant de la transaction. Ça fait sursauter les Français quand je leur dit, eux qui doivent payer des frais de notaires prohibitifs a chaque achat et vente. C’est aussi pourquoi ici les gens déménagent aussi souvent, ça coûte peu cher de vendre et d’acheter a nouveau.

    Et pour finir le crédit ça a été comme Lisa. On a été pré-approuvés en quelques minutes, puis l’approbation finale du crédit et mise a disposition des fonds en moins de 5 jours.

    Ça va très très vite ici. C’est pourquoi les maisons changent souvent de mains et que je compare ça a un achat de bagnole. C’est presque aussi simple et rapide.

    • Répondre Lisa 11 mai 2015 at 2:02

      Merci pour ce retour super complet ! Je n’aurais pas été contre acheter une maison à Toronto, pardon dans le GTA mais Mister était pas très chaud. Le prix que ça te coûte pour le train wowww. Une collègue vivait à oakville et payait 450 par mois c’est juste hallucinant. (300 + le pass Metro a 140) son mari bossait a Oakville par contre. Et la circulation en voiture a TO le matin bonjour… Mais bref ça ne m’aurait pas dérangé quand même 🙂 par contre le coup des enchères ça me tue un peu ça… Je suis contente qu’ici ça n’existe pas. Au début ça m’a surprise, je pensais qu’il fallait proposer un prix au dessus et au final non on a pu avoir la maison a 7 K de moins sans aucun autre acheteur sur le coup. (Merci la crise !) En effet c’est toujours assez déroutant de voir qu’en moins de 3 h le vendeur accepte ton offre surtout quand c’est un premier achat mais perso des le lendemain on avait déjà oublié 😉 c’est juste un peu déroutant au début parce qu’il me semble bien qu’en France c’est beaucoup plus long. Mais perso je trouve ça très bien comme ça ! Surtout qu’on ne pensait vraiment pas trouver rapidement ! (Ce qui a été emmerdant avec notre location d’ailleurs, 2 mois avec prêt et loc sur le dos mais bon faut ce qu’il faut !)

  • Répondre Niklasky 11 mai 2015 at 2:23

    En France c’est déjà très long de monter le dossier de prêt auprès de la banque et de le faire approuver. Parfois le vendeur apprend 1 mois après la signature du compromis que l’acheteur n’a pas eu son prêt… Retour a la case départ, remise en vente, perte de temps, etc.

    Et les démarches du notaire sont très longues et très coûteuses en France aussi.

    Quand j’ai vu combien ça coûtait ici et comme c’était rapide, j’ai halluciné… Si on avait voulu, et le vendeur aussi, on pouvait tout clôturer en 2 semaines (entre l’offre et le closing). Du jamais vu en France…

    Et a propos de notre achat, nous avons signée l’accord avec le vendeur seulement le lendemain de la mise en vente. Imagines un peu ça, en temps que vendeur. Tu mets ta maison en vente, et elle est vendue dans la journée…

    Et il faut préciser aussi qu’ici (je ne sais pas pour Calgary), mais toutes les maisons en vente sont « stagées », c’est a dire qu’une société spécialisée en home staging vient retirer toutes les affaires personnelles, décorer et meubler la maison pour les visites.

    • Répondre Lisa 11 mai 2015 at 3:15

      Alors ici, souvent les maisons sont quasi vides histoire que l’acheteur se sente un peu chez lui et tu n’as rien aux murs lol ! Par contre je n’ai jamais vu de maisons stagees. Nous l’avocat a coûté 750$ c’est quedal quand tu vois les notaires en France !

      • Répondre Niklasky 11 mai 2015 at 3:48

        Les honoraires des avocats sont tres raisonnables, mais aussi tous les frais de transfert de titre et les diverses taxes, ce qu’on appelle en France les frais de notaires, sont très bas.

        En France ça frise le ridicule tous ces frais.

        • Répondre caroline77 19 mai 2015 at 11:03

          Sauf qu’en France, tu ne payes pas 1 % du prix du bien chaque année en taxes scolaires ou municipales. Donc perso payer cher chaque année ou juste à l’achat, je ne vois pas très bien où est la différence.

          • Répondre Niklasky 20 mai 2015 at 8:04

            Hein ?

            Je paye une « property tax » simple chaque année, et c’est tout. Une taxe, pas deux comme en France avec la taxe foncière et la taxe d’habitation.

            Et cette taxe est nettement inférieure a ce qu’on payait en France, pour une maison qui fait le triple de la superficie de notre appart en France, et pour une banlieue nettement plus affluente, propre et sure.

            Bref, rien a voir.

            Taxes scolaires et municipales ? Je ne sais pas ce que c’est.

            • Répondre Lisa 20 mai 2015 at 8:09

              Oui je ne voulais pas m’avancer la dessus parce que je viens d’acheter mais d’après ce que j’ai vu je n’ai que les taxes d’habitation qui sont a 2200 par an environ pour moi. D’après ma famille c’est bien moins élevé qu’en France et après vérification en effet ça paraît 2x moins élevé pour une surface bien plus petite.

        • Répondre caroline77 19 mai 2015 at 11:06

          Ici aussi tu as cédé à la mode des gifs moisis à deux balles pour illustrer ton blog ? Génial…

          • Répondre Lisa 19 mai 2015 at 11:09

            Ben oui ça égaye la page 😉 et j’ai toujours adoré les gifs. En fait ça date des années 90, c’est juste revenu à la mode dernièrement…

          • Répondre caroline77 20 mai 2015 at 5:01

            Partout au Québec, il y a les taxes municipales et scolaires qui sont de 1 % du prix du bien à repayer chaque année.

            Pour te donner ce que je payais en France, j’ai payé 735 euros de taxe foncière pour une maison revendue 235.000 euros. 3 fois moins que ce qu’on paye annuellement au Québec.

          • Répondre Niklasky 21 mai 2015 at 8:25

            Alors il faut bien préciser que tu parles du Québec, car le blog de Lisa est justement principalement dédié a l’Ontario et l’Alberta.

            Et au Québec les impôts sont élevés, oui. En Inde les impôts sont élevés aussi. C’est pas de bol.

  • Répondre Marine 12 mai 2015 at 9:39

    J’ajouterais juste 2 choses ;

    – ce que vous appelez enchères est désigné « comeptitive offers » ce qui veut bien dire ce que ca veut dire: plusieurs acheteurs sont en compétition pour la meme maison et ça finit donc par se vendre au dessus du prix initialement listé.
    Il y a encore de nombreuses competitive offers à l’heure où je vous parle à Calgary, qui partent entre 1000 et 40 000 au-dessus du prix listé, crise ou pas crise. Mais effectivement ces situations sont majoritairement localisées dans de petites « poches » de la ville, très en demande (par exemple Brentwood, Charleswood, Collingwood au sud de Nose Hill Park et toujours très populaires en + d’etre très chères pour Calgary ! Approx $600K + pour un bungalow 1970 original et en l’etat de 1200 sqft !)

    – les frais de transfert de titre sont ici les + bas du Canada, et meme 1.5% du prix parait ici complètement fou et les Albertains n’arrivent pas à y croire !

    • Répondre caroline77 20 mai 2015 at 4:52

      En fait, quand tu lis un texte, tu n’as pas envie d’avoir des trucs qui s’agitent dans tous les sens à côté…

    • Répondre Niklasky 21 mai 2015 at 8:15

      Alors il faut bien préciser que tu parles du Québec, car le blog de Lisa est justement principalement dédié a l’Ontario et l’Alberta.

      Et au Québec les impôts sont élevés, oui. En Inde les impôts sont élevés aussi. C’est pas de bol.

  • Répondre Marine 12 mai 2015 at 9:42

    Zut pardon j’ai cliqué poster trop tot !

    Bref donc les frais de cloture sont de $150 pr ce qui est du transfert du titre, et $130 dollars pour les frais de pret immobilier + le cout de l’avocat (approx $1000-1200 selon le prix d’achat).
    Nous devions avoir une hausse drastique des frais de transfert et de pret au 1er Juillet (passant respectivement à $675 et $555) avec le budget de Prentice notre ex premier ministre , mais apparemment le NDP va bien maintenir sa promesse electorale et annuler ces 2 hausses.

  • Répondre Christiane 16 mai 2015 at 3:32

    Felicitations !!!

    Est ce que vous allez poster des photos de la maison?

    • Répondre Lisa 19 mai 2015 at 11:05

      Oui je vais en poster sur la page Facebook 🙂 j’espère que tout va bien pour toi avec le bébé 😉

      • Répondre Christiane 6 juin 2015 at 2:27

        Ahh ok 🙂

        Aww merci ! Tou vas bien ! On est revenue de notre road trip et on est toujours un peu fatigue.

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