Interview

(Interview) Camille, 26 ans, Toronto


int_camille-polaCamille m’a contacté un jour pour me demander des infos sur Toronto, à l’époque elle prévoyait peut-être de venir s’y installer. 8 mois plus tard, je les rencontrais elle et son mari. Il venait d’obtenir un poste ici et tout avait été très vite…

Présente-toi un petit peu. Quelle est ta tranche d’âge, que fais-tu dans la vie, es-tu toute seule au Canada, sous quel visa es-tu et surtout pourquoi Toronto ?

Camille, 26 ans, mariée à un Canadien, traductrice, résidente permanente.

Nous avons décidé de venir à Toronto pour « booster » nos carrières (ce qui est chose faite). Au début, on était très réticent. Il faut dire que nous nous étions installés à Vancouver, la ville la plus agréable du Canada. Ce que j’aime à Toronto : le multiculturalisme. Selon moi, chacun a sa place ici.

Plutôt posée ou aventurière ? Est-ce ta première expérience hors de France ?

Plutôt posée … dans l’aventure canadienne. Disons que je n’avais jamais été au Canada quand j’ai décidé de m’y installer, mais je ne suis pas partie sans préparer cette aventure. Bien sûr, M., qui est canadien, m’aide dans mes démarches quotidiennes. Avant de poser mes bagages au Canada, je suis partie un an au Danemark (dans le cadre du programme Erasmus). Aujourd’hui, je regrette la vie scandinave.

Depuis combien de temps vis-tu au Canada, penses-tu y rester encore longtemps ?

Ça va faire bientôt 3 ans. Je suis restée 2 ans à Vancouver puis j’ai déménagé à Toronto en août dernier. J’aimerais rester à Toronto pendant au moins 7 ans et avancer professionnellement. Je resterai au Canada aussi longtemps que mon mariage durera, j’espère donc pour toujours.

Tu es mariée à un Canadien, peux-tu nous en dire plus sur les différences culturelles que cela implique ?

Nous avons une façon de voir les choses qui est parfois différente. Cela peut s’avérer dangereux si on se focalise sur la différence mais nous essayons de prendre uniquement le positif. De plus,  la culture canadienne fait partie de ma vie de tous les jours, que ce soit au travail ou à la maison. Tout s’est fait en douceur, aussi je ne ressens plus vraiment de grandes différences. Je pense que je suis devenue Franco-canadienne.
À la maison, l’alimentation est la seule chose qui peut, parfois, me choquer. Mon mari adore manger du poulet ou du jambon recouvert de compote de pommes. Quand je vais fêter Noël dans sa famille, on mange le dessert avec la dinde.

Pour conclure, je ne trouve pas qu’il y ait une grande différence au niveau du style de vie. Les seules choses qui me viennent à l’esprit restent, selon moi, des détails.

Décris-nous ton installation. As-tu rencontré des difficultés particulières ?

Comme tout expatrié, j’ai rencontré des difficultés au début. Étant mariée à un Canadien, les difficultés ne se sont pas posées sur l’installation matérielle, mais plutôt sur la recherche de travail.

Justement, explique nous comment ça s’est passé. Est-ce que tu travailles dans ton domaine ? Si oui, dis-nous combien de temps cela t’a pris et comment se sont passés tes entretiens.

Comme tout expatrié, il m’a fallu acquérir la fameuse expérience canadienne. Je suis repassée par la case départ, à savoir les emplois « étudiants » pendant trois mois. Une fois les références en poche, je me suis attaquée au marché bilingue (très porteur en Ontario). J’ai également repris des études en traduction auprès de l’Université de Toronto (certificat de deux ans par correspondance). Aujourd’hui, je travaille comme traductrice pour un grand groupe canadien. J’ai une maîtrise en économie et gestion et en toute honnêteté, je ne pense pas qu’en France, j’aurais pu changer de voie si facilement. Il m’a fallu en tout deux ans pour réaliser mon projet. Je pense qu’il ne faut pas s’attendre à réussir du jour au lendemain. Cela demande des efforts, une certaine adaptation et surtout du temps.

On dit que partir c’est mourir un peu chaque jour mais que mourir c’est partir beaucoup ! Qu’en penses-tu ?

Je suis d’accord. En quittant la France, j’ai laissé ma famille et mes amis les plus proches. Je me sens parfois seule. Mais encore une fois, tout se fait avec le temps. De nouveaux amis (expat’), « construire » une famille canadienne… et il y a un vol Toronto-Paris tous les jours.

Quelle est finalement la principale difficulté que tu rencontres au Canada ?

Si on m’avait posé la question il y a quelques mois, j’aurais dit « la recherche d’un CDI ». Maintenant je dirais : trouver un logement décent (pas ces barres d’immeubles HLM à prix exorbitant).

Au contraire, qu’est ce qui a changé d’un point de vue positif depuis que tu ne vis plus en France ?

Je sens moins d’agressivité dans les rapports humains et je me sens en sécurité. Dans le métro, il m’arrive de laisser mon sac à main sur le siège à côté sans m’inquiéter. Aussi, les hommes respectent les femmes.

As-tu des amis canadiens ? On dit que c’est tellement difficile de s’en faire…

Canadiens, oui, mais nés à l’étranger. Canadien pure souche, non. Je trouve parfois que les rapports sont « creux » ( « Oh I love Paris blabla » , « how wonderful is that »…). Les femmes (anglophones) s’excitent facilement pour pas grand-chose, mais je suis peut-être terre à terre.

As-tu une anecdote ou un souvenir qui t’a marqué à nous faire partager ?

Les Canadiens sont complétement gaga avec leurs chiens. Ma voisine à une poussette pour chien.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite venir tenter l’aventure ?

Il ne faut pas penser réussir du jour au lendemain. Il faut penser au long terme et être patient. Enfin, il ne faut pas venir au Canada en pensant vivre le « rêve américain ». Tout cela est bel et bien fini.

Et alors le Canada, c’est vraiment l’eldorado ?

La vie est aussi chère qu’en France (pour les grandes villes du moins). Il faut faire des kilomètres et des kilomètres (plus de 6 000) pour se dépayser (et ça, ça coûte) plus les aller-retour pour la France. Vous aurez compris ma réponse.

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1 commentaire

  • Répondre (Balade) Cheltenham Badlands | French With Benefits 19 janvier 2014 at 5:48

    […] côté de la ville de Caledon. J’avais déjà entendu parler de cet endroit mais c’est Camille qui m’a conseillé d’y […]

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