Interview

[Interview] 3 ans après… Corinne à Toronto

Souvenez-vous, il y a 3 ans, Corinne, alors installée au Canada depuis 1999 avait perdu son emploi. Où en est-elle aujourd’hui ?

1- Salut Corinne, ça fait 3 ans qu’on ne s’est pas parlées ! Quoi de neuf ?

Salut Lisa… en effet 3 ans déjà ! Toujours à Toronto, dans la même maison depuis 7 ans (à part la maison où j’ai grandi, c’est celle où j’ai vécu le plus longtemps !)

2- Comment ça va au niveau pro ? Est-ce que tu envisages toujours d’aller aux USA pour plus d’opportunités ?

Au niveau professionnel, le point positif de ces 3 dernières années est la stabilité. Je suis dans mon boulot actuel depuis un peu plus de 2 ans (1ere année en contrat). Après avoir perdu mon (bon) emploi en Juin 2010, cela fait du bien.
Malgré tout, j’ai du changer d’orientation, toujours dans l’industrie pharmaceutique, mais plus en recherche clinique. Après 15 ans d’expérience professionnelle, je suis repartie à zéro, ou presque. Cela a ses bon cotés, c’est enrichissant, mais aussi un peu frustrant… il vaut mieux essayer de ne pas avoir de trop de moment « ah, si j’avais fait ci ou ça » !

Pour l’instant, c’est ce qui convient le mieux à ma “work-life balance”.

J’ai fait quelques tentatives vers les US, aucunes ne ce sont concrétisées pour le moment. Il y a définitivement plus d’opportunités pour moi, mais les embauches d’étrangers se sont ralenties aux US ces temps-ci. Il faut que les compagnies te sponsorisent, et j’ai bien senti que certaines fois c’était un handicap. Et puis nous n’aurions qu’un seul salaire, les conjoints doivent attendre un bon moment avant de pouvoir travailler…

3- Et tes enfants, comment vont-ils ? Comment trouves-tu le système scolaire ontarien par rapport à celui que tu as connu en France ?

Ah, l’école… un de mes sujets favoris…

Tout d’abord, une des chances en Ontario, c’est la possibilité de pouvoir choisir d’éduquer tes enfants en français, en anglais, ou dans un environnement bilingue (immersion).
Nous avons choisi de mettre les enfants dans le système francophone, même si cela veut dire que mon mari ne peut pas s’impliquer dans la vie scolaire des enfants autant qu’il le voudrait (il est prof de formation après tout).

Mon fils est en 5ème année (équivalent de la 6ème) et ma fille en 3ème année (CE2). L’école élémentaire en Ontario va jusqu’en 8ème année.
Ils sont très heureux et adorent leur école, qui n’est pas très grande et où ils se sentent en famille.

La qualité de l’enseignement n’a rien à voir avec la France, je pense que coté culture générale ce n’est pas aussi développé. La langue française n’est pas enseignée de la même façon… ce qui fait se hérisser les cheveux de ma maman institutrice en retraite !
Le système est moins élitiste, mais on leur apprend à s’exprimer confortablement en public, à travailler en équipe, à gérer les conflits, à travailler sur des projets de recherche dès la maternelle.

Mon fils est dans une filière de douance depuis 2ans. Ce programme pourrait être un peu plus poussé à mon goût, mais il faudrait plus de moyens. Il a quand même un enseignant en plus qui s’occupe de lui faire faire du travail supplémentaire, en dehors de sa classe « normale ». Cela va des concours de mathématiques, aux exposés d’histoire ou aux compétitions de construction de ponts. Tout est décidé en collaboration avec les enfants, en tenant compte de leurs intérêts et des choses qu’ils ont à améliorer.

Les rythmes scolaires sont plus confortables qu’en France (dans mon souvenir du moins et même s’il y a moins de vacances !). Il y beaucoup plus d’activités périscolaire abordables (sports, art, musique, théâtre…). Toronto a beaucoup à offrir et ce à des coûts très raisonnables (eh oui) !

L’école est équipée de tableaux électroniques, on peut se connecter et avoir accès en ligne aux travaux des enfants, ou communiquer avec les enseignants. Ils ont accès aux ordinateurs et tablettes si besoin…

4- Une question de maman à maman que surement beaucoup de Français se posent : est-ce que tes enfants te parlent en anglais ou en français ? Savent-ils bien parler français ou est-ce que tu es finalement la seule francophone de ta famille ? (Ton mari étant anglophone)

Les enfants sont complètement bilingues, depuis leurs premiers mots. Ils ont tous les deux parlé très tôt (et bien) alors que je croyais que la gestion de 2 langues les ralentirait. Je leur ai parlé en français dès leur naissance, j’avoue que c’était plus naturel pour moi. A deux ans, ils traduisaient tous les deux pour papa ce que je leur disais.
Leur français est excellent (sans accent canadien 😉 ), et leur anglais aussi, même si l’écriture en anglais est moins bonne (ils ne commencent l’anglais à l’école qu’en 4ème année). L’apprentissage de la lecture dans les deux langues n’a pas posé de problème, j’ai toujours lu des livres en français et papa en anglais.

Maintenant qu’ils ont 11 et 9 ans, on parle français entre nous 3, on passe à l’anglais avec papa… spontanément, entre eux, ça varie mais l’anglais étant présent partout, ils ont tendance à l’utiliser plus (c’est aussi le cas avec leurs copains bilingues). D’où notre décision de les mettre dans une école francophone.

Les enfants sont fiers de leur double nationalité, j’essaye de rester en contact avec la France (en plus de la famille) via le cinéma, la musique, les sports. De nos jours heureusement, tout cela est plus facile.

Et puis, chez nous les chats aussi sont bilingues!

5- Tu es en Ontario depuis un moment, est-ce que tu te vois passer le reste de tes jours à Toronto ou tu as des projets d’expatriation futurs ? Canada ou autres !

Ca fait un moment, en effet, … je pense que j’aimerai bouger un jour, mais plus le temps passe, plus c’est difficile. De nous 4, je suis sans doute celle qui serait le plus tentée. Mon mari à vécu plus de 10 ans à l’étranger, maintenant il est rentré « chez lui ». Les enfants sont chez eux ici, et si on leur demande leur avis, ils ne veulent pas partir… ou alors il faudrait que ce soit temporaire, 2-3 ans.

On pense de temps en temps à l’Europe…. mais pas vraiment sérieusement pour l’instant.

6- La prochaine fois qu’on se parle, ce sera surement dans 5 ans pour une prochaine interview ! Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

Je garde l’espoir de retrouver un poste plus adapté un de ces jours. Je ne recherche pas activement, mais si une opportunité se présente je regarde de plus près…

Que souhaiter… une nouvelle aventure quelque part, avant d’être trop vieux pour y penser.
J’irais bien dans l’ouest du pays, j’ai la nostalgie de l’Alberta…
Nous verrons bien.

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1 commentaire

  • Répondre [email protected] 26 juin 2016 at 6:41

    Merci pour ce bilan sympathique et bon courage pou la suite et les futurs projets

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