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Interview

(Interview) Farah – Le PVT j’ai tenté et je suis rentrée

Mis à jour le 23 novembre 2018


On n’arrête pas de parler de l’immigration au Canada (et surtout au Québec) en ce moment ! On lit surtout que blablabla le Canada c’est génial et blablabla c’est vachement mieux que la France et en plus le Canada propose les PVT qui permettent aux jeunes de 18 à 35 ans de rester sur le territoire pendant 1 an pour travailler.
Oui mais on oublie bien souvent que seuls 30% des pvtistes au Québec arrivent à prolonger leur visa… Ca vous refroidit un peu non ?

J’ai travaillé quelques mois avec Farah en milieu francophone, c’est une jeune trentenaire adepte de voyages et qui a déjà vécu aux Etats-Unis 1 an pendant ses études.
Le Canada ? Oui mais il faut s’armer de patience ! Elle nous explique pourquoi dans cette interview !


Pourquoi avoir choisi de faire un PVT ?

J’ai obtenu mon visa PVT en novembre 2010 pour le canada. Je voulais tenter l’expérience car je trouvais qu’en France le marché du travail était saturé et je n’arrivais pas à décrocher de CDI, clé de voûte de la société française…

J’ai donc décollé en octobre 2011 pour Toronto, avec sur place un ami qui m’avait convaincu du bien-fondé d’une telle expérience avec – selon ses dires –  l’obtention rapide d’un travail correspondant à mes qualifications, mon niveau d’étude et de bonnes possibilités d’évolution assez rapidement ! Etant bilingue, ça paraissait gagné d’avance…enfin c’est ce que je croyais.

Peux-tu nous parler de ta recherche d’emploi ?

J’ai passé 4 mois à candidater avec acharnement à tous les postes qui me correspondaient, très peu d’entreprises m’ont contacté (encore moins qu’en France). J’ai tout de même obtenu quelques entretiens pour des postes intéressants mais aucun n’a abouti.
Finalement, j’ai accepté – pour avoir cette fameuse expérience canadienne – (dont tout le monde vous parle à part les employeurs canadiens mais c’est sous entendu) un emploi dans un centre d’appels pour contacter des entreprises en France pendant un mois. Mais même avec ça, ça n’a pas fait avancer les choses…

Mais finalement tu as quand même trouvé !

C’est finalement 4 mois après mon arrivée que j’obtiens mon premier emploi qualifié et ce grâce à un contact. Et oui car sans contact on risque de passer de nombreux mois à chercher désespérément… Ceci n’est pas faute d’être étranger ou sans qualifications, les jeunes diplômés canadiens eux-mêmes souffrent du chômage et ont beaucoup de mal à décrocher un premier emploi.

Qu’est ce que tu penses de tout ça ?

Voilà ce que j’ai pu observer sur place : souvent les nouveaux arrivants sont obligés de repasser des diplômes,  obtenir des certifications et se former dans les universités du pays pour prétendre à un poste qui est à la hauteur de leurs attentes.
Le réseautage est aussi très rependu, mais ne « réseaute » pas qui veut, cela peut prendre des années avant d’avoir un réseau qui vous permettra d’avancer dans votre carrière. Cependant, le hasard et la détermination peuvent avoir parfois raison de la situation.

Et au final, qu’as-tu pensé de ton expérience ?

Elle fut bonne mais j’ai préféré partir pour de multiples raisons. Celui qui veut avoir une vraie expérience correspondant à ses attentes doit s’armer de patience, ne pas avoir peur de changer de carrière, et surtout se dire qu’avoir une belle expérience risque de prendre plusieurs années.

A ce moment là, le PVT ne sera pas le meilleur des choix mais plutôt la résidence permanente. Sauf si vous décidez de partir pour apprendre l’anglais et découvrir le pays.
J’ai donc choisi de rentrer et j’ai retrouvé du travail juste après mon retour et dans ma branche bien que ce n’est qu’un petit contrat de 3 mois…

En conclusion ce fut une expérience enrichissante.

L'auteur(e)

Arrivée au Canada en 2010 avec une RP en poche, Lisa a vécu 3 ans à Toronto et vit depuis 2014 à Calgary. Elle est devenue canadienne en 2015 juste avant la naissance de son fils, un petit franco-canadien. Elle est désormais freelance à plein temps et maman de deux enfants.

13 Commentaires

  • raphaelle
    15 avril 2013 at 11:59

    de la vraie information ! merci !

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  • Lisa
    15 avril 2013 at 6:18

    @raphaelle: De rien 🙂 Je sais qu’on ne trouve pas ce type d’interviews souvent et c’est bien dommage…

    Répondre
  • Alice
    15 avril 2013 at 7:07

    Ah oui, cela change un peu des nombreux propos qui prétendent que tout est possible et super facile au Canada!

    On ne le répètera jamais assez, le PVT est avant tout pour la découverte du pays, pas pour faire carrière, et encore moins pour « faire fortune ».

    La majorité des employeurs ne s’embêtera pas avec des démarches une fois le visa expiré, et comme ils ne veulent pas recruter sans arrêt, les pvtistes peuvent globalement oublier les postes les plus intéressants.

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    • Manu
      20 décembre 2017 at 10:47

      Tout à fait d’accord avec vous. Les agence de recrutements que j’ai rencontré spécialisées bilingue m’ont expliqué que seuls 5% de leurs clients acceptaient des PVT. Même la boulangerie où je travaille actuellement n’en prends pas en temps normal. Ils ne veulent pas s’embêter à investir avec des personnes de « passage » qui risquent d’avoir besoin de paperrasse ultérieurement. Sans parler de la 1ère expérience canadienne!

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      • Fatima
        21 mai 2018 at 11:25

        Hello, je suis à Toronto dans le même cas que Lisa et je cherche en effet dans mon domaine en communication. C’est pas chose gagnée, j’ai passé des entretiens qui n’ont pas aboutis et je n’ai plus la motivation de persister encore quelques mois. Je pense rentrer en France fin juin et peut-être retenter une expérience à la rentrée à Montréal, j’ai encore 1 an et demi de visa devant moi 🙂 et comme on dit, rien ne vaut l’expérience du terrain !

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        • Lisa
          21 mai 2018 at 11:40

          Tu es au Canada depuis combien de temps ? Quelle ville ? Tu as de l’expérience dans ton domaine en France ?

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          • Fatima
            24 mai 2018 at 7:52

            Je suis au Canada depuis avril à Toronto (tout est marqué dans mon 1er message ahaha) oui oui j’ai de l’expérience dans mon domaine (4 ans) sinon je persisterai pas.

          • Lisa
            24 mai 2018 at 7:56

            Tu aurais pu être dans une autre ville avant 🙂

      • Ehouarn Perret
        5 juin 2018 at 11:55

        Manu: en fait quand il y a vraiment du shortage le visa n’est absolument pas un problème 🙂
        Par contre comme partout des qu’il y a moins de postes on met de la sélection que ce soit via les interviews, les visas, les diplômes, les ordres, etc.

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  • Lisa
    17 avril 2013 at 9:22

    @Alice: J’ai vu quelques rares exceptions (genre une nana avec un bon réseau qui avait trouvé un super poste bien payé dans une banque, ou une qui a été transférée de sa boite de France au Canada). Pour le reste et bien c’est souvent petits boulots pendant un bon moment voire toute la durée du PVT et même la JP !

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  • jessica
    17 avril 2013 at 8:27

    Merci cet interview « verite » sur une experience pvt.
    Elle est plutot chanceuse car son experience fut au moins positive car j’en ai vu partir bredouilles et decus surtout professionnellement.

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  • […] à jour de 2013 : Vous pouvez lire l’interview de Farah qui a fait un PVT à Toronto en 2012, Olivia, Aymeric (presque Canadien !) ou encore […]

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  • […] les portes de plusieurs pays du monde. Au vu des témoignages multiples et variés, lus ci et là, personne ne saurait s’en plaindre. Pourvu, au contraire, que le nombre de destinations augmente […]

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