Démarches

Visa Update #1 – Faire une demande de visa EB-3


Fin 2017, alors que je venais de quitter “Miami” (la boite hein, pas la ville, I wish ! Bon en vrai pas vraiment mais 30 degrés toute l’année, c’est COOL !), j’ai continué de postuler à quelques boites aux US et puis j’ai rapidement eu des entretiens avec “Grand Rapids”, une boite, dans le Michigan.

Alors vous allez me dire, tu préfères GR à Miami toi ? Ben non, bien sur que non… Mais comme le boulot est depuis la maison avec quelques rdvs avec les équipes et qu’il y a Chicago pas loin… Chicago je dis OUI. Les 30 degrés en hiver on oublie mais c’est pas grave c’est quand même cool. (Et puis faut pas se leurrer, je m’attends pas à quitter le Canada pour aller dans une ville où il fera 25 toute l’année !!! La chaleur, ça se mérite !)

Le visa EB est un visa un peu particulier car il vous permet d’obtenir une Green Card et le statut de résident permanent, ce qui est très rare aux Etats-Unis où la plupart des gens obtiennent d’abord un visa temporaire avant de faire leur demande de Green Card.
Il s’agit d’un visa qui ne vous lie aucunement à votre employeur par ailleurs puisque via votre statut, vous êtes libre de faire ce que vous voulez par la suite. Par contre, un employeur est très souvent obligatoire pour pouvoir faire la demande initiale. (Sauf visa EB1 dans certains cas)
Certaines boites sont du coup un peu réticentes car cela inclut des frais d’avocat souvent très importants sans garantie que l’employé restera bien dans la boite. A vous de le convaincre 🙂

J’ai par ailleurs abordé plus en détail ce visa dans mon préambule.

Convaincre l’employeur

C’est LA chose la plus compliquée (si vous avez un profil qui se prête à une sponsorisation bien évidemment, sinon c’est banane !) à faire.
Trouver une boite qui accepte quelqu’un qui n’est pas aux USA n’est pas évident.

Trois possibilités :

  • Avoir un profil extrêmement rare à trouver (beaucoup de profs rentrent dedans par exemple ou des profils ingénieurs) et du coup, les entreprises vont chercher ailleurs que sur le sol américain (Ce visa est le EB1 ou le EB2. A noter qu’il est possible de se sponsoriser soi-même dans certains cas très précis, sans avoir besoin d’un employeur. Par contre tous les frais sont à votre charge !) Pour faire une demande de EB2, vous devez avoir un Master minimum mais dans le cas d’un EB2-NIW, un doctorat est recommandé. Le EB1 est un peu à part, donc je vous conseille de vérifier le site de l’immigration. Il s’agit par ailleurs du visa qu’a obtenu Melania Trump !
  • Avoir un profil rare et viser des villes plus petites qui vont avoir du mal à trouver certains profils. Il est clair que viser NYC ou LA est moins évident que de viser Grand Rapids ! (EB2 ou EB3 dans ce cas)
  • Bosser pour une énorme boite qui connait très bien le processus et peut vous sponsoriser sans que votre profil ne sorte de l’ordinaire (très souvent le cas pour des gens qui sont sur un H1B, L1 etc.) (EB1, EB2 ou EB3)

Chercher (et trouver) le bon avocat

Alors si trouver un employeur est super compliqué, convaincre votre boite de trouver un avocat ET d’enclencher les démarches est encore une toute autre affaire !!

D’abord, il faut vraiment vous concentrer sur des avocats qui ont l’habitude de ce type de visas. Ce n’est pas le cas de tous les avocats en immigration, la procédure EB est un peu particulière, longue et surtout en plusieurs étapes. Chaque étape peut foirer mais les frais eux, ne sont évidemment pas remboursables ! Les Etats-Unis étant un pays TRES transparent sur le net, vous n’aurez aucun mal à trouver des avis clients un peu partout sur les cabinets 🙂

Il est en théorie possible de faire la procédure vous-même, ce qui va donc vous coûter 80% de moins, en gros, mais je vous le déconseille TRES fortement. A moins d’avoir un copain avocat américain qui vous aide, le processus est tellement complexe que c’est suicidaire. (Et surtout bourré de petites choses qui peuvent faire foirer le processus à chaque étape !)

Le visa EB est accessible à la fois si vous vivez déjà aux Etats-Unis mais aussi si vous êtes à l’étranger. Du moment que votre profil est admissible, vous pouvez faire la demande.
Déjà travailler pour l’entreprise avec laquelle vous faites votre demande ne vous donne malheureusement aucun avantage et certains pays sont désavantagés par rapport à d’autres. La Chine et l’Inde par exemple ont des années d’attente contre 1 à 2 ans pour quasiment tous les autres pays.
A noter que l’immigration se base sur votre pays de naissance pour estimer le temps d’attente de votre dossier et non sur le pays dans lequel vous vivez ou une autre nationalité que vous auriez acquise au fil du temps quand vous faites votre demande ! Donc si vous êtes Chinois aux USA, la procédure mettra plus de temps qu’un Italien en Italie par exemple.

Aussi, il faut être honnête, si vous êtes loin des USA, vous aurez peu de chance de pouvoir obtenir ce visa car convaincre une entreprise de vous embaucher quand vous êtes à 10 000 bornes est forcément TRES compliqué. Quand vous êtes au Canada, c’est forcément un peu plus facile. Du coup très peu de Français font généralement une demande de EB à moins d’être déjà aux USA.

De tout ce que j’ai lu, très peu de gens basés à l’étranger semblent en fait faire une demande de visa EB, cela arrive souvent après expiration d’un autre visa, mais les demandeurs sont déjà aux Etats-Unis. Mais comme aucun autre visa ne me convenait, autant obtenir un Green Card tout de suite 🙂 (Ca évite BEAUCOUP de désagréments par la suite)

Les documents à fournir à l’avocat avant que le processus ne démarre :

Attention, les documents seront toujours plus ou moins les mêmes mais votre avocat peut vous en demander plus. La raison pour laquelle votre dossier doit être complet avant sa soumission est tout bonnement pour éviter les mauvaises surprises par la suite ! Exemple, votre diplôme n’est pas reconnu dans votre pays d’origine et n’a donc pas d’équivalence aux USA. Vous pouvez dire adieu à votre demande de visa SAUF si aucun diplôme n’est requis pour votre poste mais bon… on est d’accord que ça parait peu probable.
Si la première étape est presque la plus longue à valider – car il faut réunir tous les documents -, les deux suivantes sont plus ou moins rapides puisque vous n’avez plus rien à fournir. Il faudra par contre remplir pas mal de papelars ! Mais tout sera vérifié par votre avocat.

  • Toutes vos notes universitaires/école ainsi que tous vos diplômes. Ces documents devront être traduit et évalué pour obtenir leur équivalent américain. Vous pouvez le faire vous-même via un organisme comme WES par exemple (mais grosse galère je trouve et surtout SUPER long) ou votre avocat peut également s’en occuper (moyennant un coût supplémentaire, évidemment)
  • Un CV à jour
  • Des certificats (si vous en avez, pareil à traduire mais pas d’équivalent obligatoire à obtenir)
  • Des lettres de recommandation d’anciens employeurs et/ou clients. En gros, vous devez pouvoir prouver que vous connaissez bien le job pour lequel la boite vous fait venir.

Du côté de l’employeur :

  • Une description du poste (pour l’offre PERM, qui est la première étape vers l’obtention d’un EB-2 ou un EB-3. Votre employeur doit poster une offre d’emploi pendant 1 mois minimum (PERM) et pouvoir prouver que vous seul êtes capable d’exercer le job, et ce, même si d’autres candidats se présentent. Notez qu’ils auront toujours la priorité car ils sont Américains. Comme vous n’êtes pas Américain, votre employeur doit prouver que les autres candidats ne font pas l’affaire. Facile dans certains cas (job ultra spécialisés comme le mien), moins dans d’autres. D’où l’aide précieuse d’un avocat !)
  • Des infos sur l’entreprise dont le CA etc.
  • Le tax return de l’année en cours (ou déclaration d’impôts chez nous), il faut pouvoir prouver que la boite peut vous payer !
  • Le salaire que la boite compte vous offrir à votre arrivée sur le sol américain (Un minimum est automatiquement assigné par l’immigration et vous ne pouvez pas aller plus bas que le minimum) Il s’agit par ailleurs de la toute première étape du processus PERM. Votre avocat envoie officiellement une requête à l’immigration pour déterminer votre salaire minimum. (L’avocat vous recommande d’ailleurs quoi faire pour que ça passe, en théorie, à tous les coups. C’est évidemment lié au CA de la boite !)

Les chances de réussite avec un avocat à ses côtés

Notez qu’en théorie, il ne peut pas y avoir de mauvaises surprises car un cabinet d’avocats prend rarement des cas dont il sait que les candidats n’ont aucune chance d’être approuvés ! Par contre, il est évidemment possible que ça ne passe pas pour une raison x ou y mais le taux d’échec est logiquement plutôt faible. (De l’ordre de 10% d’après mes recherches.)

Sur Trackitt par exemple, pour la première étape (PERM), sur les deux dernières années, 12 demandes de Français ont été soumises et une seule a été rejetée. Il est par ailleurs possible de faire appel de la décision sous 30 jours. 2 dossiers ont également été audités.

Evidemment, l’échantillon est très faible ! Mais ça donne quand même une idée.

  • 8% de chances d’avoir son dossier rejeté dès la première étape
  • 18 % de chances d’être audité (ils vont vérifier l’offre d’emploi plus longuement)

J’ai aussi regardé les résultats pour les candidats Canadiens :

  • 0% de dossiers refusés
  • 14% de dossiers audités

Encore une fois, l’échantillon est très mince : 14 personnes ! Mais bon, les données sont plus ou moins similaires.

Sinon pour avoir un échantillon beaucoup plus large, sur TOUTES les demandes PERM soumises depuis 10 ans environ :

  • 5% rejetées
  • 95% approuvées 🙂

Il vous est également possible de vérifier tous les types de jobs qui ont été ajoutés sur le site et qui ont fait l’objet d’une demande de PERM.

Et un petit graphique qui explique très bien TOUTES les étapes du processus (tout est aussi très bien expliqué sur leur site) Comme vous pouvez le voir, vous pouvez bien évidemment demander ce visa en ayant d’abord obtenu un autre visa avant. Attention à bien vérifier avec un avocat cependant car en théorie plusieurs visas dont le TN par exemple sont des Non Immigrant Visa, qui ne vous permettent donc pas d’immigrer (comme indiqué !) aux USA. (Vous pouvez juste temporairement vous y installer)

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