Bilan

(Bilan) 12 mois à Toronto

Ce bilan des 1 an, j’y ai souvent réfléchi. Depuis mon départ du 15 octobre en fait. Je me demandais ce que j’aurais à raconter 1 an plus tard.
12 mois ça parait énorme finalement.

Tout est rose au Canada ?

Après avoir suivi nos aventures, vous devez savoir que j’ai une sainte horreur des immigrants qui ne trouvent rien à redire de leur terre d’accueil et qui trouvent que tout est positif au pays des caribous.
Moi aussi je pourrais dire que j’ai trouvé un appart en moins de deux grâce à des voisins franco-belges super sympa qui ont acceptés de se porter garants pour nous alors qu’on ne les connaissait même pas.
Je pourrais aussi dire que j’ai vu des choses magnifiques comme des grands parcs et des lacs à perte de vue. J’ai même vu les Chutes du Niagara !
Évidemment, je pourrais aussi dire que je n’ai pas mis bien longtemps à trouver du travail. D’un simple centre d’appels qui n’a duré qu’un mois, j’ai obtenu un contrat dans une Université puis (presque) enchaîné sur un CDI dans une grosse boite Américaine. Tout ça pour faire parallèlement un peu de freelance dans ma branche.
Dis comme ça, ça parait particulièrement prometteur.

La réalité d’une immigration au Canada

Mais voila, je ne serai pas très honnête.
La vérité c’est que j’ai essuyé pas mal de déconvenues au niveau du boulot. Le nerf de la guerre.
Mon contrat à l’université que j’espérais reconduit s’est arrêté net après 3 mois, la boite américaine que j’étais si fière d’intégrer s’est avérée être un échec cuisant et mon aventure en freelance n’a pas comblé toutes mes attentes. (Surtout financières)

Finalement 2011 a donc été comme je m’y attendais, l’année du changement et surtout celle du véritable passage à l’âge adulte. Celui qu’on découvre au fil du temps et qui apporte son lot de galères.
Quitter papa et maman n’a pas été évident. Je m’en doutais. Vivre à deux l’a cependant été, ne changeant finalement pas grand chose à mes habitudes. Il faut dire que le « poids » des années a beaucoup joué. Mister étant mon double depuis 8 ans !

Je crois que toute cette aventure a donc été un apprentissage pour nous deux. Apprendre à planifier des choses toutes bêtes, faire ses courses toute la semaine, payer ses factures, souscrire à des assurances… Ca parait bête comme ça mais nous ne l’avions jamais fait avant ! Je vous rassure, ça n’a pas été la découverte du siècle hein ! Mais ça rend incroyablement adulte. En fait.

Tout au long de cette première année, nous avons aussi rencontré des gens et tissé des liens importants avec la communauté française. Je n’aborderai pas vraiment le cas de l’amitié entre Français et Canadiens car j’avoue que nous n’avons pas réellement d’amis anglophones. En fait pour être honnête c’est presque par choix. C’est tellement plus simple de rester dans son petit cocon français. Si on cherche un peu, on découvre des Français un peu partout sur Toronto. Pas en grand nombre évidemment, mais ils existent bel et bien. (Parenthèse, inscrivez-vous au Consulat sinon les chiffres sont faussés !!)
J’ai aussi rencontré plusieurs couples grâce au blog. Des gens qui m’ont contacté pour obtenir des infos et qui étaient souvent un peu perplexes quand au rêve tant annoncé par les autorités Canadiennes pour faire venir des immigrants chez eux.

Le Canada est-il un Eldorado ?

Le Canada est-il le nouvel Eldorado Nord-Américain ? Certainement pas. Mais les possibilités existent bel et bien quand on décide de creuser au delà de ce que l’on veut bien nous présenter. Je crois d’ailleurs que la clé pour réussir ici est définitivement la persévérance. Il faut attendre, encore attendre et ne pas désespérer même face à certaines choses souvent vexantes. Si on en veut vraiment et qu’on a l’expérience qui va avec, on peut trouver du travail et qui plus est bien payé. Encore faut-il le vouloir.

Vous n’en entendez surement pas trop parler mais ils sont nombreux ces Français qui rentrent la queue entre les jambes après quelques mois passés ici sans avoir trouvé ce qu’ils cherchaient. Car qu’on se le dise, sans un anglais courant voire bilingue, il est presque impossible de faire son trou à Toronto. Alors d’accord, vous pouvez aussi passer plusieurs mois voire années à faire des petits boulots mais quel est l’intérêt ?
Vous pouvez aussi très bien avoir l’opportunité de travailler dans le milieu francophone de Toronto mais encore faut-il avoir une expérience Canadienne sur son CV et un gros coup de bol car les places sont rares et chères !

Savoir se vendre au Canada, la clé pour trouver un emploi !

Au Canada, si on veut bien vivre, il faut savoir se vendre. Aller chercher l’opportunité et ne pas hésiter à en faire des tonnes et des tonnes pour se faire embaucher.
C’est la base de la mentalité Nord-Américaine après tout. C’est marche ou crève. Ca ne plaira pas à beaucoup de Français mais il faut qu’ils le sachent avant de possiblement venir se perdre ici sans comprendre les rouages du système.

Bon mais ce bilan finalement ? Il est positif mais il a fallu que je persévère en ayant parfois envie de baisser les bras face à des incompréhensions totales concernant la recherche d’emploi (mon GRAND cheval de bataille). Ne pas oublier non plus que l’éloignement familial est un facteur très important de retour au pays pour beaucoup d’immigrants. Pour le moment, on s’est plutôt bien accommodés de cette situation grâce aux nouvelles technologies et à des retours en France par-ci, par là mais est-ce que cela sera toujours le cas ? Difficile à dire après seulement 1 an.
Et puis j’ai finalement retrouvé du travail récemment et fais ce que je faisais en France et même en mieux. (J’ai plus de responsabilités) En plus l’ambiance est bonne, ce qui n’a pas toujours été le cas lors d’expériences antérieures !

Comme l’a souligné Mister, je crois que d’autres auraient baissé les bras et fait machine arrière. Mais en même temps, ça ne serait plus une aventure si tout était écrit à l’avance et le blog n’aurait plus aucune raison d’être.

Vivrais-je toute ma vie au Canada ? Non il y a peu de chance mais ça n’a de toute façon jamais été envisagé. Mais c’est une belle aventure, encore faut-il lui donner une chance et s’accrocher.

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17 Commentaires

  • Répondre Célia & Yann 15 octobre 2011 at 3:21

    Un beau bilan je trouve !! Vous avez su franchir beaucoup d’étapes et pas des plus faciles … Bonne continuation !! 🙂

  • Répondre liseny 15 octobre 2011 at 6:00

    Bravo pour cette première année, oui,le bilan est positif, sur plusieurs points. Tu te souviendras toute ta vie de cette superbe année, les découvertes, les challenges, les changements, tout. J’ai dit comme toi, à la fin de la première année quand je suis arrivée ici en … 2001 : ” je ne resterai certainement pas .. ” ; et voili-voulou j’y suis toujours, de plus en plus enracinée.
    ( moi, c’est un peu plus au sud-est, up-state New-York).
    Ton blog en lien sur le mien, si tu permets, OK ? sinon, tu me contactes et je l’enlèverai. Have a nice w-e 🙂

  • Répondre elisacanada 15 octobre 2011 at 5:23

    Bel article. Pour rajouter mon grain de sel, je te dirai c’est que tu as choisis l’endroit le plus dur du Canada pour immigrer en arrivant direct par Toronto. Il faut bien penser que tout le monde immigre a Toronto et que la concurrence est rude coté travail . Quand je dis tout le monde, je devrais dire anglophones (anglais, chinois, indien,allemand,russe… ) . Le canada est ouvert à l’immigration pour tous les pays et Toronto est la destination number 1 de tous cesnouveaux immigrants . Les français en majorité choisissent le Quebec et vivent une autre histoire concernant le boulot . Ton challenge avec l’anglais et le boulot ne serait pas le même si tu immigrais en Alberta ou au Newbrunswick ou le marché est moins concurrentiel.
    Mais Toronto c’est la grosse concurrence je suis d’accord et vous êtes très courageux d’avoir choisis cette province pour votre départ.
    Et aussi chapeau de commencer votre vie d’adulte dans un autre pays. Moi les factures et tout je connaissais mais l’arrivée ici ,m’a aussi bouleversée et il a fallut du temps pour que je comprenne comment cela marche tous ces trucs nouveau eau. assurance medecins… !
    Happy anniversary a tous les 2 . Bonne célébrations
    Bisous
    elisacanada

  • Répondre Lisa 15 octobre 2011 at 7:45

    @elisacanada: En fait je ne suis pas sure qu’il soit plus facile d’immigrer au Québec quand on est Français car justement tout le monde parle la même langue. Et concernant l’Alberta et autre, est-ce que justement on va vouloir d’un petit Français ? Je trouve que l’avantage de Toronto est justement d’avoir beaucoup d’immigrants, du coup ils sont peut-être moins regardant quand tu n’es pas Canadien. Encore que… A voir 🙂

    Parenthèse, je me dis qu’un jour il faudra qu’on se rencontre !!! C’est con quand même on n’est pas très loin 😉

    @liseny: Salut Liseny, non évidemment ça ne me dérange pas que tu m’ait mise en lien. Au contraire !
    Et pour le coup du “je ne resterai pas”, oui je me doute bien qu’on peut changer d’avis au fil des ans héhé 😉 N’empêche que je n’ai pas assez bourlingué pour me fixer dans un seul pays. Mais bon on verra 🙂
    Tu es où dans l’état de NY exactement ?

  • Répondre Sévan 16 octobre 2011 at 12:02

    Ça c’est un beau bilan, et les difficultés font parties du lot de chaque immigration… Mais elle est bien réussie votre immigration à tous les deux…. Ça le fait en tabarnak les loulous :)….
    Bon anniversaire de votre première année et que les suivantes vous apportent beaucoup de bonheur où que vous soyez…
    À très bientôt… Miss you both…

  • Répondre Maxime 17 octobre 2011 at 12:58

    C’est intéressant de lire ce genre de choses.. ça l’est d’autant plus car je m’apprête à débarquer à Toronto à la fin de cette semaine. J’espère que je ne galèrerai pas autant que toi à trouver du boulot (quoi que tu sembles quand même en avoir trouvé..) mais si ça fait partie du deal, je prends quand même.
    Il faut juste le savoir avant de partir et n’hésitons pas à répéter que le Canada n’est pas un eldorado !

    Bonne continuation en tout cas 😉

    Maxime

  • Répondre Lisa 17 octobre 2011 at 6:00

    @Maxime: Oui on trouve… Mais bon il faut être patient avant de trouver un vrai bon boulot. Moi je ne suis pas patiente du tout (donc 12 mois c’était le bout du monde) mais si tu l’es, pourquoi pas 🙂 Tout dépend de ce que tu recherches dans ton aventure canadienne.

    Bon courage 🙂

  • Répondre Beatrice 17 octobre 2011 at 7:01

    Il a finalement été posté le bilan!
    Well done for the job Lisa!
    Ca fait un moment que je te suis, depuis l’Angleterre, d’ailleurs; maintenant a Toronto depuis 6 mois.

    Beatrice

  • Répondre Lisa 17 octobre 2011 at 7:07

    @Beatrice: Il y avait le bilan de 6 mois aussi 🙂 Alors tu aimes Toronto ?

  • Répondre Babette 18 octobre 2011 at 12:10

    Oui, intéressant ce bilan en demi teinte.
    C’est pas facile d’immigrer… je ne sais pas s’il y a un âge plus simple, une ville, un pays plus facile.
    Mais c’est de toute façon trés riche humainement, affectivement, socialement parlant.

  • Répondre Jean-Francois 18 octobre 2011 at 12:20

    Lisa,

    Bon récapitulatif de votre première année sur Toronto. Tout n’a pas été rose mais vous avancez quand même. Malgré les hauts et les bas, vous êtes toujours sur TO alors que beaucoup ont quitté la barque après 6 mois ou moins. Vous démontrez à beaucoup de gens que vous avez de la force, du caractère et n’oubliez pas que vos parents respectifs doivent en être fier. Cette aventure vous a fait mûrir dans pas mal de domaines et vous verrez que cela vous aidera beaucoup dans le futur. Toute expérience est bonne à prendre car la vie est une école géante ou on apprend tous les jours.

    Bonne continuation et à bientôt! 😉

  • Répondre elisacanada 18 octobre 2011 at 6:39

    Mais oui t’inquietes on finira bien par se voir un jour mais je ne vais vraiment jamais sur Toronto .
    Pourquoi je dis ca pour quebec , c’est que j’ai un couple de petits jeunes que je connais qui sont arrivés l’an dernier a Toronto. Après 3 mois de recherches elle n’a pu trouver que des petits boulots ( call center et accueil au restaurant ) et lui aucun boulot.
    Ils sont partis a Montreal et en 2 semaines elle a trouvé un job dans une banque et lui un contrat CDI dans sa branche ( informatique ) . Pour eux, il n’y a pas eu photo mais bon chacun son histoire c’est vrai. Par contre ce sont des jobs en francais et ils ne pratiquent pas l’anglais ce qu’ils regrettent un peu.
    Bises
    Elisacanada

  • Répondre Beatrice 19 octobre 2011 at 6:52

    Toronto me convient plutot bien. So far so good… meme si je sais que je ne suis que de passage. Des envies d’Amerique du Sud a vrai dire!

  • Répondre Lisa 19 octobre 2011 at 7:00

    @Jean-Francois: Merci c’est un très beau commentaire 🙂

  • Répondre raphaelle 2 novembre 2011 at 11:50

    bravo Lisa, c est très courageux d écrire un tel article…

  • Répondre (Bilan) P!tain 2 ans | French With Benefits 21 octobre 2012 at 6:31

    […] j’ai un peu reculé pour écrire ce bilan parce que je ne savais pas trop quoi dire. En fait. L’an dernier, je vous avais parlé de toutes mes galères, de mes doutes, de mes attentes et de mes joies aussi. […]

  • Répondre S'adapter et s'intégrer au Canada, facile ? | French With Benefits 16 mars 2014 at 5:49

    […] Canada est fait pour nous. L’adaptation est effectivement graduelle. On finit par trouver un premier job intéressant et on comprend surtout comment le pays […]

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