Bilan

(Bilan) Retour en France, 9 mois après


Autant vous annoncer tout de suite la couleur : il n’y aura qu’un seul bilan sur notre retour en France. J’ai attendu plusieurs mois avant de vous raconter nos aventures pour plusieurs raisons

  1. Je pense que baser un bilan sur moins de 6 mois est absolument ridicule
  2. Je ne savais pas exactement combien de temps nous allions rester en France…
  3. …en fait le moins de temps possible

Un retour précipité

Il faut vous pencher sur mon bilan précédent pour réaliser un peu ce qui nous est arrivé. Et puis tant qu’à faire lire ou relire le bilan des 2 ans. (N’oubliez pas de jeter un oeil à ceux de Mister également)

Difficile de définir les sentiments que nous avons ressentis quand le projet VIE a capoté. Des mois de recherche, une boite qui accepte de me prendre 18 mois en VIE aux USA et puis finalement… pas possible d’avoir un visa. Aie !
cest-la-vieParallèlement, Mister en avait marre de son boulot depuis un bail et pensait à rentrer depuis quelque temps. Moi pas du tout pour être honnête mais quand la boite avec laquelle ça a capoté a proposé de nous payer le déménagement pour qu’on vienne 12 mois à Paris en attendant de repartir fin 2014 pour les USA, on s’est dit… Pourquoi pas ?

On était repartis dans la folie des cartons avec un déménageur qui a tout bien géré et a fait arriver nos meubles pile un mois plus tard.

Et un retour en France, un !

Sauf que les meubles, on ne pouvait pas s’en servir puisque nous n’avions pas d’appartement. (Ils ont donc été stockés en attendant) Heureusement, mes beaux parents ont un grand appartement de fonction en plein Paris qui nous a bien dépanné pendant… 9 mois. Merci à eux !

Car pour ceux qui ne le savent pas, pour louer un appartement en France (et en plus à Paris, les fous), il faut idéalement deux CDI et ne plus être en période d’essai.

Donc…

  • Moi j’étais en CDD de 6 mois
  • Mister en CDI à partir du mois de décembre avec… 6 mois de période d’essai

Ce qui donne…

Pas d’appart avant juin 2014. Oui.

SAUF

  • En essayant de faire passer le dossier auprès d’agences qui ont du mal à louer les apparts ET
  • En banlieue parisienne (ce qui m’allait très bien parce que vivre à Paris, pour de vrai, non merci !)la-blague

Et deux boulots, deux !

Retourner vivre à Paris rime aussi avec heures de boulot interminables : 9 h – 18 h 30. Une spécificité française que je DETESTE au plus haut point. Je l’ai déjà mentionné des dizaines de fois sur le blog. J’ai une sainte horreur de bosser (pour rien en plus) jusqu’à des heures pas possibles. Et 18 h 30 pour moi, c’est juste pas possible.

Heureusement pour moi, ma petite boite d’informaticiens n’était pas très regardante et je partais à 18 h tous les jours. Oui oui, 18 h, l’heure où les Canadiens mangent puisqu’ils sont déjà chez eux depuis 1 plombe.

finir-a-18-hPour aller au boulot, je passais également par un joli chemin parsemé de détritus, de clodos et de pipi. Adieu les routes propres de Toronto et bonjour la pince à linge sur le nez. C’était tellement problématique que la mairie de Paris avait quand même installé un panneau « Merci de ne pas faire pipi ici ». Vous imaginez bien que même le panneau a reçu son litre de pipi. Ensuite, eh bien, il a tout bonnement disparu. Déplacé je ne sais où.

maxresdefaultPour Mister par contre, tout semblait bien se passer. Il était de nouveau avec des Français et pouvait parler français. Bien sûr, il fallait parfois bosser jusqu’à 20 h mais… bon. Au moins le job lui plaisait.
Surtout que deux boites ont proposé de l’embaucher juste 2 mois après notre retour ! Ce qui paraissait très encourageant comparativement à Toronto où en 3 ans, peu de boites s’étaient bousculé au portillon.

Oui mais non

Honnêtement ce retour a pour moi été vraiment difficile. Autant je n’avais jamais pensé quitter le Canada avant au moins 12 mois (oui, quand je trouvais pas de boulot après Happy Time), autant je me voyais très bien quitter la France après seulement 3 mois !

Je n’aime vraiment pas travailler en France, je crois que j’en suis même incapable. Et après 3 ans de « entre collègues tout est merveilleux et on s’adore mais tu te fais virer le lendemain », les Français grincheux qui s’engueulent pour un rien et les réus après 16 h, ça a été vraiment TRES difficile.
Finalement j’ai réalisé que j’étais devenue bien trop nord américaine et qu’un environnement de travail avec certes des collègues honnêtes mais des relations très conflictuelles n’avait rien à voir avec ce que je recherchais.

Et puis il faut être honnête. Acheter une maison en banlieue parisienne avec un jardin sans mettre 40 ans pour aller bosser c’est absolument impossible. On a bien essayé de chercher des logements dans les coins sympa du 92 et du 78 mais il fallait compter au moins 45 min de RER bien foireux pour avoir un simple appart où il n’y avait même pas de placards pour ranger nos affaires… Bref c’était improbable comme situation quand on a vécu dans le confort nord américain.

ca-va-pas-le-faire

Et le VIE dans tout ça ?

Ahahaha. Oups. Faut dire que je me suis retrouvée dans une boite terriblement désorganisée. Ca en était presque flippant par moment. Moi qui venais d’une multinationale, c’était… un autre univers. Ils ont par exemple mis 4 mois à me donner une mutuelle et j’ai du redemander 50 fois. (Il n’y avait ni service RH ni compta, le patron s’occupant de tout !)

Dès le début j’ai eu des doutes sur cette histoire de VIE. Il faut dire que mon boss était aux USA et je ne le voyais donc que par Skype.
Plus les mois ont passé et plus ça semblait totalement improbable. En janvier, mon boss m’a par exemple annoncé qu’il revenait s’installer en Europe en juin. Déjà que bosser avec quelqu’un qui a 6 h de décalage avec vous c’est pas facile mais devoir le faire encore pendant les 18 prochains mois, c’est ridicule ! Surtout que le bureau américain n’avait que 3 employés ! J’allais donc tout lâcher pour ce plan sans queue ni tête ??? Le départ était prévu pour octobre 2014 mais les papiers n’avançaient jamais et personne ne savait vraiment quoi faire. J’ai du moi-même poser les questions à civiweb (organisme en charge du VIE) car le mec qui gérait ça dans la boite était incapable de le faire.

the-plan-foireux

Le plan B !

Un plan B semblait inévitable. Après 3 mois en France, j’ai eu le temps de réfléchir un peu (beaucoup) à mon futur et envisager de nouveau la case Canada. Après tout j’avais une RP et le Canada est vaste. (Bon même si concrètement peu de villes proposent du boulot)

Pour Mister, Toronto n’était plus une option du tout. Il fallait donc viser autre chose.

Avant de partir en 2010, j’avais envisagé plusieurs villes… D’abord Montréal, puis Toronto puis Vancouver et enfin Calgary. J’aimais bien le côté hyper américain de Calgary. Et mon rêve étant d’aller au Texas, après tout l’Alberta c’est ce qui s’en rapproche le plus.

Restait quand même à convaincre Mister et ça c’était pas gagné. Par chance, je suis tombée en mars sur un reportage consacré à l’Alberta dans Echappées Belles. Ca lui a plu. Il m’a simplement dit qu’il était d’accord à une seule condition : que je trouve un boulot avant de partir. Je crois que ça lui donnait l’impression de gagner du temps parce que trouver un boulot à 10 000 km c’est pas facile…

Mais pas impossible non plus !

Honnêtement je ne croyais pas du tout pouvoir trouver du boulot à Calgary. Je me suis dit que des Canadiens de l’ouest n’auraient que faire d’une petite française en FRANCE.

En fait, j’ai du passer des entretiens par Skype avec au moins 5 boites. Du très gros groupe à la petite boite familiale.

Et début mai, j’ai fini par décrocher un CDI dans une université à Calgary. Un univers qui me branchait déjà beaucoup en 2011.
Le français ne servant à rien, j’ai donc été sélectionnée grâce à mes compétences. Ce qui est plutôt encourageant quand on sait que les bilingues décrochent souvent du boulot à Toronto justement parce qu’ils parlent français. (Bien que ce soit souvent pour des postes de chiotte)

Je pense que Mister a un peu halluciné. En juste 2 mois, j’avais réussi à décrocher un poste en CDI. Ben voilà, y avait plus qu’à ! Surtout que la boite voulait que je démarre 2 semaines plus tard. (Finalement on a négocié de venir un mois plus tard)

Ne restait plus qu’à faire venir un déménageur à notre stock de meubles pour les faire aller à Calgary et acheter les billets d’avion.

Et trouver un deuxième job dans la foulée

Et là il s’est passé une chose tout à fait incroyable. Mister, après avoir annoncé à sa boite qu’il les quittait pour l’Alberta, s’est vu proposer de passer des entretiens pour une boite française d’assurances dont le siège Amérique du Nord est à Calgary. (Ca ne s’invente pas !)

Après 1 entretien en France puis 4 (!) sur place, il a décroché le job.

Nous vivons dans une jolie maison avec jardin à Calgary depuis le 12 juin. J’ai démarré mon boulot le 16 juin et Mister a démarré le sien cette semaine !

L’avantage avec nous, c’est que notre vie n’est pas banale et pleine de surprises ! 🙂 Pour ceux qui ne comprennent pas forcément notre bannière, la tour de droite est celle de Calgary.

L’aventure continue !

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8 Commentaires

  • Répondre jo 3 août 2014 at 7:02

    YEAH!!!!! WELCOME HOME! en tout cas, restez comme vous êtes, et surtout ne changez rien! Rien de conventionnel dans vos parcours. Super heureuse que vous reprenniez un nouveau départ tous les 2 et sur la même longueur d’onde. Bravo pour votre audace… et bonne continuation. On continue de suivre vos aventures 🙂 Jocya (Montréal)

  • Répondre Alain 4 août 2014 at 12:40

    Bravo ! Je trouve votre parcours super et plein de courage. Quand je pense à tous nos compatriotes qui se plaignent tout le temps et subissent un job qu’ils détestent sans jamais rien faire pour bouger (à part les grèves), vous faites partie des rares Français qui entreprennent des choses !
    Bonne continuation et je continue à suivre vos aventures avec plaisir.

  • Répondre Lisa 4 août 2014 at 12:59

    @jo: Merci beaucoup ça fait bien plaisir 😉

    @Alain: Merci beaucoup ! J’espère que tout se passe bien avec votre retour aussi ! “Fortune favours the bold.” !

  • Répondre Thierry 4 août 2014 at 3:40

    Bon, j’en sais un peu plus moi aussi. Ça a l’air de bien se passer, tant mieux.
    Va maintenant falloir changer la bannière du blog… 😛

  • Répondre Cindy 10 août 2014 at 2:02

    Bravo pour votre parcours ! Heureuse de lire que vous êtes de retour au canada !
    Cindy ( A toronto depuis 2 ans )

  • Répondre Alex 20 août 2014 at 5:10

    Salut! Bravo à vous!
    Je me pose tout de meme la question pourquoi vous n’avez pas essayé de chercher du travail.. en dehors de Paris? Tu parles QUE de Paris, mais vous n’avez pas l’air d’avoir envisager d’autres villes? Car bon, la France, ce n’est pas Paris 🙂
    En tout cas, Calgary est l’une des villes les plus froides du Canada, j’espère que le froid ne vous gêne pas, je sais pas si moi je pourrais 😀

    • Répondre Lisa 20 août 2014 at 5:19

      Cest une très bonne question. A vrai dire j’avais demande a ma boîte de me faire aller en suisse mais ils ne voulaient pas. Ensuite j’ai regarde d’autres villes et pour être honnête il n’y avait pas bp de jobs hors Paris sans parler des salaires hyper bas en province pour les gens bossant dans la com. A Paris tu ne gagnes déjà pas des masses mais ailleurs c’était carrément inconcevable malgré mes 5 ans d’expérience dans un secteur qui a du mal a trouver de bons profils.

      Et pour l’hiver c’est pas gagné m’enfin on verra bien 😉 tu vis ou de ton côté ? As tu déjà vécu au Canada ?

  • Répondre Alex 22 août 2014 at 2:23

    J’habite à Toronto depuis 2 ans maintenant, et cet hiver fût très difficile!
    Des choses me manque en France, mais je n’aurai jamais d’offres d’emploi aussi intéressantes que celles que je peux avoir ici. L’idée de bouger et d’aller voir ailleurs (dans une autre ville, voir un autre pays) m’est venu à l’esprit mais je n’ai pas encore décidé quoi que se soit. Je suis impatient de voir et lire tes histoires pour savoir comment ça se passe pour toi à Calgary!

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