Bilan

(Bilan) Toronto-Paris-Calgary


Bien que j’aime les voyages et le changement, une autre donnée de l’équation de la vie d’expatrié m’a rappelé à quel point il était bon de poser ses valises quelque part assez longtemps pour ne pas être découragé. Je parle des déménagements bien sûr. Et nous avons été servis depuis notre départ de France en 2010. Cinq déménagements en moins de cinq ans dont deux transatlantiques en moins de dix mois !
Mais maintenant je crois que c’est bon. Du moins à moyen terme. Comme vous le savez maintenant nous avons acheté une maison en début d’année et c’est la raison pour laquelle je pense être à l’abri pour quelques temps. Combien de temps ? Je ne le sais pas mais assez pour en profiter. Jusqu’à la prochaine opportunité. Car comme le rappelait Serge Uzzan :

« Une opportunité ça se saisit vite ou ça ne se saisit pas ».

J’ai donc décidé de reprendre la plume pour témoigner de mon expérience. Je partage en (très) grande partie ce qu’écrit Lisa au quotidien mais il y a des différences qui subsistent malgré tout, et c’est bien normal me diriez-vous. Je vais donc essayer de vous livrer mon sentiment sur ces deux dernières années quasiment, autrement dit notre retour en France. Puis notre retour au Canada. Chez nous en fait.

Le retour à Paris

Nous sommes donc en septembre 2013. L’excitation prend le dessus sur l’anxiété. Nous connaissons l’environnement mais nous l’avons tout de même quitté trois ans auparavant. Mais le challenge professionnel est là et j’avais besoin de faire un break pour savoir ce que je voulais. Merci à Lisa d’avoir accepté de faire cette concession (vous connaissez l’estime que porte Lisa a notre belle capitale).

Moyan Brenn – Flickr.com

Soyons clair. J’aime vraiment cette ville et l’atmosphère qu’elle dégage. Y vivre au quotidien cependant, c’est pas évident. Financièrement déjà mais surtout pour les petites choses qui s’accumulent dans la journée et qui finissent par vous user. Incompatible avec notre vision de la vie de famille. Lisa est déjà revenu sur ce point à maintes reprises je crois.

Professionnellement c’est super. A ma grande surprise je trouve un bon boulot en moins de deux mois. J’ai même le choix (2 belles propositions arrivent en même temps). Comme quoi « l’expérience à l’étranger » a un certain attrait. J’ai vraiment aimé ce job et la réussite a été au rendez-vous. On me propose un poste de responsable au bout de 6 mois. Mais voilà, Lisa avait eu sa dose. Madame avait décroché son fameux sésame pour repartir, une offre d’emploi à Calgary ! C’était ma condition pour éventuellement dire de nouveau au revoir à la mère patrie.

Autre signe du destin, mon boss a Paris, malgré la déception suite à ma démission, me met en contact avec l’un de mes futurs patrons. Un rendez-vous est arrangé et me voilà en lice pour un poste dans le bureau nord-américain…à Calgary. Tiens tiens ! Et pour faciliter les choses, pas de compétition au final. Ma série d’entretiens se solde par une embauche après nos deux premières semaines en Alberta. Le destin je vous dis.

Avant de vous parler de cette première année à Calgary j’aimerais encore revenir sur deux trois choses à propos de notre seconde vie parisienne.

Le rythme parisien était certes plus intense mais les vraies pauses déjeuner avec les collègues étaient fort appréciables. La possibilité de pouvoir, chaque weekend, (dans la mesure du possible bien entendu) visiter une capitale européenne ou un petit bout de France reste un luxe inégalable (au Canada le prix de l’avion et les distances vous en dissuadent très rapidement). L’amateur des vieilles pierres que je suis était comblé quasiment tous les jours. La famille est présente. Le diner avec les parents et/ou frangins (d’autant que nous étions hébergés chez mes parents – ah l’immobilier parisien…). Les amis. Le fromage. Les forfaits de téléphone pas si chers. Enfin plein de trucs dont je dois faire le deuil. Et puis d’autre trucs qui rendent la vie moins confortable et qui ne nous manquent pas (la liste est longue et a déjà été abordée là-aussi me semble-t-il).

Au final malgré les crève-cœurs, le départ pour une quatrième vie n’as pas été si difficile. Le Canada que l’on ne pensait pas revoir de sitôt s’est rappelé à notre bon souvenir. Et nous voilà bientôt Canadiens et vivant dans le « vibrant » Grand Ouest.

Calgary

Parlons donc de Calgary si vous le voulez bien. Comme le laisse sous-entendre mon précédent commentaire je ne pense pas que cette ville soit la plus palpitante du pays. C’est un scoop pour personne. En comparaison avec Toronto ou Montréal, ça n’a rien à voir. Mais on ne vient pas à Calgary pour ça selon moi. On y vient pour sa tranquillité et sa nature sauvage accessible. Les Rocheuses et leur réputation ne sont pas un mythe. Vous êtes amateurs d’activité en plein air, cette région est faite pour vous, été comme hiver.

D’autre part, malgré le manque de « culture » et la crise économique qui touche la province, la ville continue de se développer et a toujours vocation d’attirer de nouveaux arrivants comme nous et d’encourager la diversification au sens le plus large possible (ce n’est pas que je n’aime pas les cowboys et le pétrole mais bon…).

Et puis surtout je pense que ça répondait plus à nos attentes de futurs trentenaires. Pouvoir fonder une famille dans les meilleures conditions. L’achat de notre maison y contribuera je pense. Le marché de l’immobilier, pourtant nettement surestimé, permet encore en effet de pouvoir acquérir un bien sympa et spacieux (ce qui n’est plus le cas à Paris et Toronto pour un jeune couple, à moins que vos finances et vos concessions sur l’espace vous l’autorisent).

Donc malgré les sacrifices (et il y en aura toujours) je suis heureux ici. Il fait bon vivre à Calgary. On se caille souvent mais c’est pas si grave.

Et puis comme on dit : en France on a pas de pétrole mais on a des idées 😉

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2 Commentaires

  • Répondre Lanormandie 15 septembre 2015 at 11:39

    Bonjour, vraiment genial et sympha ce blog ! Suis arrivee a calgary il y 4 semaines avec monsieur et mes enfants apres 12 ans a paris….(et non, mon mari ne travaille pas dans le “oil and gas” et nous ne sommes pas expat)… Merci pour les idees, astuces….
    Entre vider les cartons de demenagement, je commence a decouvrir calgary :….louer un canoe (glenmore reservoir…. Il y a aussi une ecole de voile !) est moins cher qu une heure de parking en centre ville ! Le nightmarket a inglewood …. On se croyait a san fransisco (enfin presque, avec une petite laine 😉 …so, let s keep exploring !

    • Répondre Lisa 16 septembre 2015 at 8:40

      Bienvenue ! On vient rarement à Calgary par hasard 🙂 Alors qu’est ce qui vous amène ? Vous êtes dans quel quartier ? Pour SF oui… Ca se discute 😀

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